Budget : comment votre salaire va-t-il être touché ?

Source: Le Vif

Pour réduire le handicap salarial de la Belgique par à rapport aux pays voisins, le gouvernement ne fera pas de saut d'index. Mais il table sur une évolution à long terme, en limitant la marge de manoeuvre des partenaires sociaux.

Budget : comment votre salaire va-t-il être touché ?

© Thinkstock

Le gouvernement va demander aux patrons et aux syndicats de ne pas utiliser la marge salariale de 0,9%, avec une exception pour les salaires minima (renvoyée à la négociation interprofessionnelle), indiquait-on mardi de source gouvernementale.

Le handicap salarial par rapport aux pays voisins (l'Allemagne essentiellement) a été estimé par le Conseil central de l'économie (CCE) à 5,2% "brut", c'est-à-dire sans tenir compte des subsides salariaux.

Un collège d'experts (Banque Nationale, Bureau du plan, CCE, Institut national des statistiques) devra évaluer dans les trois mois l'écart salarial "net". En attendant, le gouvernement a évalué ces subsides à 1,8%, soit un écart salarial net de 3,4%.

L'ambition du gouvernement est de ramener l'écart salarial net à 1,8% pour fin 2014, en retirant 0,9% de marge salariale, 0,3% de baisse de cotisations sociales (à décider en tripartite, sans mesures linéaires et en protégeant la création d'emploi) ou encore en actualisant le "panier de la ménagère" (index, à réviser légalement tous les 8 ans soit avant début 2014), par exemple en réduisant la surreprésentation du téléphone fixe par rapport au mobile, en prenant en compte des marques propres aux grandes surfaces, etc.

A l'horizon 2018 (c'est-à-dire sur une période de trois accords interprofessionnels - AIP), il ambitionne de supprimer totalement l'écart salarial.

La loi sera dès lors modifiée pour contraindre les partenaires sociaux à affecter lors de chaque AIP une partie de la marge salariale à la réduction de cet écart, sans toutefois les obliger légalement à atteindre l'objectif 0 en 2018, car la conjoncture peut toujours évoluer, commentait-on. Les subsides salariaux devront aussi être légalement pris en compte.

La réduction des prix de l'énergie, des efforts sur la formation, 30 millions d'euros affectés à la hausse du revenu-poche des bas et moyens salaires (en plus des 106 à 107 millions décidés en juillet) devraient aider les partenaires sociaux, qui sont aussi appelés à trancher le débat sur la flexibilité (semaine de travail, heures supplémentaires, etc.).

De même, la "dotation d'équilibre" destinée au déficit structurel de la Sécurité sociale (due au vieillissement de la population, à la baisse des cotisations en raison de la conjoncture économique, etc.) a été étendue à 2018 alors qu'elle devait s'éteindre en 2014. Les partenaires sociaux devront aussi s'entendre sur l'affectation de l'enveloppe bien-être (qui grimpera à 408 millions en 2014 pour les pensions, allocations invalidités, etc.).

Le Vif.be, avec Belga

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