Bracelet électronique pour les djihadistes qui reviennent de Syrie ?

19/11/15 à 07:23 - Mise à jour à 08:38

Alors que notre pays est pointé du doigt à l'étranger, la majorité fédérale va voler au secours de Molenbeek et pister les djihadistes avec un bracelet électronique. Le Premier ministre est à la recherche d'une improbable unité nationale.

Bracelet électronique pour les djihadistes qui reviennent de Syrie ?

Des djihadistes belges en Syrie. © twitter.com/aldeemeh

Auto-proclamé gouvernement de la rupture et de la solution, l'équipe dominée par les libéraux et les nationalistes vit son épreuve de vérité. Elle doit affirmer sa détermination. Ce jeudi 19 novembre, lors d'une séance plénière extraordinaire à la Chambre, Charles Michel doit lancer un appel à l'union nationale et au rassemblement de toutes les forces vives de la société. "Il faut une mobilisation totale, avec une approche globale", plaide-t-il en continu. Concrètement, le gouvernement va donner un nouveau coup d'accélérateur dans l'application des douze mesures adoptées à la suite des attentats de Charlie Hebdo, après avoir annoncé le 17 novembre le déploiement de trois cents militaires supplémentaires dans les rues. "Dès janvier, on a déjà pris le problème terroriste à bras-le-corps en interdisant notamment les départs en Syrie, dit-on au sein de la majorité. Avec des effets concrets : septante personnes ont été empêchées de se rendre là-bas." Mais cela reste insuffisant. Dans la nouvelle vague d'actions en préparation, Molenbeek et les returnees occuperont une place centrale.

Molenbeek a déjà reçu un appui one shot de 150 millions d'euros pour la prévention en octobre, mais espère un soutien structurel. "Nous avons demandé des moyens supplémentaires, y compris au niveau humain, précise la bourgmestre, Françoise Schepmans. Nous verrons ce qui est possible." "Nous ne voulons pas faire un plan de com' gadget, mais travailler sur le fond du problème", précise-t-on au 16.

Une certitude : le fédéral entend prendre le problème molenbeekois à bras-le-corps en s'inspirant de l'exemple anversois où les départs vers la Syrie ont été pratiquement éradiqués par la méthode musclée de la N-VA. Voilà pour le message. La concrétisation sera certainement plus ardue.

Le bracelet électronique pour les combattants

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a fait du suivi des combattants revenus de Syrie l'une de ses principales revendications au lendemain des attentats de Paris. Ce sont, trop souvent, eux qui sont à la source des attentats. Didier Reynders, ministre MR des Affaires étrangères, relaie l'idée : "Je ne demande pas de mettre ces jeunes dans des centres ou en prison, mais au moins un suivi électronique ou une capacité de les suivre précisément." La piste suivie en Belgique est effectivement la possibilité de tracer les returnees par l'entremise d'un bracelet électronique.

Le Vif/ L'Express est en possession du texte de loi qui devrait être déposé soit par le gouvernement, soit par le MR via une initiative parlementaire. Il avait été rédigé le 15 janvier 2015 par Denis Ducarme, chef de groupe MR à la Chambre et spécialiste des questions terroristes. A l'époque, on avait raillé son initiative, y compris à l'intérieur de son parti. Aujourd'hui, l'idée semble s'imposer, même si les modalités pratiques restent délicates à déterminer.

Préambule du texte ? "La présente proposition de loi entend agir avant, pendant et après la condamnation d'une personne coupable d'une infraction terroriste." Concrètement, il s'agirait de systématiser l'obligation de mise à disposition du tribunal d'application des peines par le juge pénal chaque fois qu'il condamne une personne ayant perpétré ou tenté de perpétrer un attentat. Surtout, l'intention est de généraliser le recours au bracelet électronique, y compris en cas d'inculpation, mais pas de détention préventive. "C'est une nécessité, approuve Georges Dallemagne (CDH). Aujourd'hui, nos services sont dans l'impossibilité de suivre ces personnes. Il faudrait vingt-cinq policiers par returnee pour y arriver."

Le dossier "Contre le piège de Daech, quelles sont nos armes ?", dans Le Vif/L'Express de cette semaine. Avec notamment:

- Le combat contre l'idéologie totalitaire

- La traque aux "prédicateurs de haine"

- Le manque de moyens de nos services de renseignement, de sécurité et de défense

- La vision stratégique interfédérale

- La guerre ? Quelle guerre ?

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