Bourse: 400 "hooligans d'extrême droite" repoussés par la police, retour au calme (vidéo)

27/03/16 à 15:01 - Mise à jour à 20:49

Source: Belga

Quelque 400 manifestants, des hooligans venus notamment d'Anvers via la gare de Vilvorde, se sont rendus à la place de la Bourse à Bruxelles, lieu improvisé de recueillement de la population, depuis les attentats de Bruxelles, où ils ont scandé des slogans haineux. Une dizaine d'interpellations ont eu lieu. Charles Michel et Yvan Mayeur ont condamné ces débordements.

Bourse: 400 "hooligans d'extrême droite" repoussés par la police, retour au calme (vidéo)

Cerné par des holligans d'extrême droite, un homme tient un drapeau belge place de la Bourse à Bruxelles © Belga

Après avoir pris position dans le périmètre de la Bourse, les forces de l'ordre arrivées sur place ont commencé à les refouler en direction de la place De Brouckère et du boulevard Jacqmain où les manifestants se sont livrés à des actes de vandalisme.

"Je suis scandalisé par ce qui se passe, de constater que de telles crapules viennent provoquer les habitants sur les lieux de leur hommage. Nous avons été prévenus hier de leur venue possible, et je constate que rien n'a été fait pour les empêcher de se rendre à Bruxelles", a commenté Yvan Mayeur alors que les manifestants étaient progressivement dirigés sous cordon policier vers la gare du Nord d'où ils sont arrivés. "Je veux en tout cas une réaction du gouvernement fédéral par rapport à cela", a-t-il ajouté.

"Je demande le respect à un moment de deuil pour tout le pays. Il est tout à fait inapproprié que des manifestants rompent (la période de) recueillement à la Bourse à Bruxelles. Les gens se réunissent pour trouver un réconfort. Je condamne fermement ces débordements", a déclaré dimanche le Premier ministre Charles Michel.

"Hooligans d'extrême droite"

Ces supporters, certains encagoulés et alcoolisés, scandaient "Belgian hooligans. On est chez nous." La tension était palpable, a constaté l'agence Belga sur place.

Selon le bourgmestre de Vilvoorde, Hans Bonte (sp.a), il s'agit d"hooligans d'extrême droite issus de différents clubs de foot de première division".

"Complices terroristes, complices terroristes", ont-ils scandé face aux manifestants pacifiques installés sur les marches de place de la Bourse. "Le fascisme ne passera pas", leur ont répondu ces derniers.

"On est des ultras de foot, on n'a rien à voir avec la politique. On est ici pour les victimes et leur rendre hommage", a assuré Andres, un supporteur du FC Bruges.

Les manifestants se sont ensuite dispersés, avant de se diriger par petits groupes vers la gare du Nord. "Etat, complice de Daesh", ont dit certains d'entre eux aux policiers et militaires.

Interpellations

Une dizaine d'interpellations ont eu lieu à la suite des débordements, a indiqué le porte-parole de la police de la zone de Bruxelles-Ixelles. Selon celui-ci, des fauteurs de trouble ont dégradé du mobilier urbain et ont lancé des projectiles incendiaires vers les forces de l'ordre.

D'après la police bruxelloise, environ 340 hooligans de différents clubs de football se sont donnés rendez-vous à Vilvorde pour se rendre place de la Bourse. Le bourgmestre de Vilvorde cite, lui, le chiffre de 450 et celui de Bruxelles 400.

"Un groupe d'environs 340 hooligans de différents clubs de football se sont donnés rendez-vous à Vilvorde, afin de se rendre place de la Bourse à Bruxelles, au lieu de commémoration des victimes des attentats. Il était très vite apparu qu'ils cherchaient noise à certains membres de la population qui venaient se recueillir. Des saluts fascistes ont été faits", a expliqué Christian De Coninck, le porte-parole de la zone de police de Bruxelles-Ixelles, au terme de la manifestation.

Selon celui-ci, au départ de la gare du Nord, ces hooligans ont attaqué un night-shop. A la suite de cela, la police a demandé aux commerçants de fermer les magasins et de retirer les équipements des terrasses.

Les forces de polices ont ensuite commencé à confiner les hooligans qui se trouvaient devant les marches de la Bourse afin de les regrouper et de les escorter vers la gare du Nord, d'où ils sont venus, une intervention policière "fort délicate, vu le grand nombre de personnes bien intentionnées présentes".

"Ils n'ont pas obtempéré et à un moment, ils ont lancé des projectiles vers les forces de l'ordre. Le confinement s'est poursuivi afin de les éloigner et de les ramener vers la gare du Nord. Les manifestants se sont battus, rue Marché aux Poulets et l'arroseuse a dû être mise en place", a encore expliqué le porte-parole, déplorant des dégradations du mobilier urbain au boulevard Emile Jacqmain, et le lancement de projectiles incendiaires vers les forces de l'ordre.

Vers 17h00, l'ambiance était à nouveau calme et bon enfant sur la place de la Bourse, où l'on constatait encore une importante présence policière.

Pas d'interpellations à Malines ou Anvers

Les hooligans ont été renvoyés en train vers Malines et Anvers. Les polices locales de ces deux communes ne les identifieront et ne les interpelleront qu'en cas de nouveaux incidents, affirment-elles.

"En principe, la police de Bruxelles a constaté elle-même les faits qui se sont produits à Bruxelles", selon le porte-parole de la zone de police Malines-Vilvorde Dirk Van de Sande. Si des Malinois ont été impliqués, la police de Bruxelles communiquera les informations dans les prochains jours.

La police d'Anvers affirme garder l'affaire à l'oeil. Mais elle n'interviendra pas si aucun incident ne survient sur le territoire de la ville. "Les personnes qui rentrent à Anvers sont invitées à rentre chez elles de manière pacifique", indique le porte-parole de la police locale Wouter Bruyns.

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