Beauté, lustre et... bain pour Saint- Pierre

15/03/15 à 11:44 - Mise à jour à 11:49

Après dix ans de travaux, l'église Saint-Pierre, à Louvain, reprend des couleurs. Au propre et au figuré. Les restaurateurs font le maximum pour que leur intervention se voit le minimum. Visite des lieux.

Sous les mains de la jeune fille, Albertus ne bronche pas. Certes, il est saint. Il est surtout de bois. Et son grand âge ne lui permet plus beaucoup de folies. Tout porte à croire que ce plusieurs fois centenaire se réjouit tout de même d'être enfin nettoyé et débarrassé de cet odieux mastic qui lui barre le front depuis des lustres. Ainsi rafraîchi, le saint homme reprendra bientôt la place qui lui est dévolue dans l'église Saint-Pierre (Sint-Pieterskerk) de Louvain.

C'est aux restaurateurs de l'Iparc (International Platform Art Research & Conservation) qu'il doit sa nouvelle jeunesse. Les artistes professionnels de cette coopérative, spécialisés dans les peintures, polychromes en bois ou pierre, sculptures, et bois et textiles, s'activent en effet depuis un an à l'intérieur de cette église gothique, dont les toutes premières pierres remonteraient à l'an 986. Leur mission : rénover les 7 chapelles latérales du bâtiment, ainsi que diverses oeuvres d'art (autels, statues, tableaux, peintures de plafond, balustrades en faux marbre...) auxquelles ils rendent beauté, lustre et... propreté. L'intervention d'Iparc, en collaboration avec ses partenaires Denys et B.J Delmotte, représente la 9e phase de très substantiels travaux de rénovation qui ont été entrepris il y a dix ans dans cette église, la plus ancienne de Louvain. Cette rénovation de grande ampleur est subventionnée par la Région flamande, le bâtiment étant classé.

La décision de réparer ou non telle statue brisée fait l'objet de discussions entre les restaurateurs et la Fabrique d'église. Sur telle colonne de faux marbre, en bois, on voit par exemple encore les traces d'un incendie qui date de la Première Guerre mondiale. Ainsi en ont décidé les commanditaires de la restauration, estimant que cette trace faisait partie de l'histoire et n'avait pas à être effacée. De la même manière, sur le plafond d'une des chapelles, les artisans ont complété un motif floral dont la peinture avait en partie disparu, mais sans le peindre en couleurs. Le visiteur peut ainsi se faire une idée de la décoration symétrique d'origine, tout en ayant à l'esprit les ravages causés par le temps.

A l'issue de cette 9e tranche de travaux, d'autres phases sont encore prévues, qui concerneront d'abord la nef. Pendant environ un an, l'église sera, dès lors, partiellement fermée au public. La dernière phase devrait s'achever en 2018.

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