Antisocial, injuste et incompréhensible: le budget 2015 de Milquet fait débat

27/11/14 à 20:09 - Mise à jour à 20:09

Source: Belga

L''opposition MR en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bernard Clerfays ou encore le MOC ont dénoncé la volonté du gouvernement d'utiliser dans le budget 2015 les subsides complémentaires jusqu'ici octroyés aux écoles à "encadrement différencié" (ex-discrimination positive) pour financer un renforcement de la remédiation et lutter contre l'échec scolaire en Fédération.

Antisocial, injuste et incompréhensible: le budget 2015 de Milquet fait débat

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"La ministre de l'Enseignement va donc frapper à l'aveugle pour financer 350 engagements supplémentaires qui ne seront visiblement pas forcément destinés à travailler dans les écoles chez qui elle ponctionne, mais qui seront répartis dans toutes les écoles de la Fédération", ajoute celui-ci.

Les réformateurs doutent par ailleurs de l'efficacité de ces 350 engagements qui devront être "saucissonnés" entre les différentes écoles de la Fédération.

Pour eux, la mesure frappera "durement" des écoles situées dans des communes "déjà touchées par d'importantes difficultés socio-économiques".

"Avec ce projet, la ministre de l'Enseignement fait donc exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire! ", fustige l'opposition MR.

Et celle-ci de rappeler qu'elle réclame depuis plusieurs années déjà une évaluation indépendante du financement et des mécanismes de l'enseignement différencié.

"A l'heure actuelle, personne ne sait si les montants alloués à cette politique sont suffisants, insuffisants voire efficaces? (Cette évaluation) est désormais devenue une urgence avant que Mme Milquet ne frappe à l'aveugle!", conclut le communiqué.

Pour Bernard Clerfayt, la suppression de subventions renforcera un enseignement à deux vitesses, juge B. Clerfayt. Le maïeur FDF de Schaerbeek et son échevin de l'Enseignement communal, Michel De Herde (FDF) ont tiré jeudi "la sonnette d'alarme" devant la perspective de cette suppression de subventions. "Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles est souvent pointée du doigt car son enseignement est l'un des plus inégalitaires et que ses écoles sont en dessous de la moyenne dans les enquêtes PISA, le gouvernement juge approprié de diminuer les moyens financiers consacrés aux écoles accueillant les élèves les plus défavorisés", se sont indignés jeudi soir Clerfayt et De Herde.

A leurs yeux, tous les politiques s'accordent à dire que l'éducation est le meilleur moyen d'assurer l'avenir des enfants. "Mais au regard des choix effectués par la ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet, les priorités semblent être ailleurs".

Pour les écoles organisées par la commune de Schaerbeek, cette décision représente, d'après les deux mandataires FDF, une diminution des moyens de l'ordre de 100.000 euros pour l'année scolaire 2014-2015 et de 430.000 euros pour l'année 2015-2016.

Les édiles schaerbeekois rappellent que l'idée sous-jacente à la mise en place de subventions pour ce type d'école était de compenser les différences objectives de moyens dépensés par les parents pour l'éducation, en donnant la possibilité à ces enfants d'accéder à des activités culturelles, scientifiques et d'éveil, par l'intermédiaire des écoles.

Un bref coup d'oeil sur une carte des communes pénalisées par cette mesure, celles du nord de Bruxelles et du sillon Sambre et Meuse, en révèle le caractère profondément antisocial, "car il est peu probable que les communes concernées auront la capacité de compenser cette coupe budgétaire injuste", ont encore déploré Bernard Clerfayt et Michel De Herde.

Ceux-ci se sont par conséquent associés aux demandes des fédérations de Pouvoirs Organisateurs (CECP et SEGEC) et des syndicats visant à préserver des moyens financiers complémentaires pour les écoles accueillant les enfants des familles pauvres.

Ils demandent aux parlementaires de la Fédération d'amender le texte déposé en ce sens par la ministre de l'Education.

De son côté, le Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) a invité jeudi la ministre de l'Enseignement, Joëlle Milquet, à retirer cette disposition très contestée du budget 2015.

Le gouvernement PS-cdH veut utiliser les subsides complémentaires jusqu'ici octroyés aux écoles à "encadrement différencié" (ex-discrimination positive) pour financer un renforcement de la remédiation et lutter contre l'échec scolaire en Fédération. Ce faisant, 350 enseignants ou conseillers pédagogiques seraient engagés au bénéfice de toutes les écoles.

Selon le MOC, ces enseignants et conseillers ne seront pas forcément affectés aux écoles qui bénéficient de cet encadrement différencié. Or, ce sont ces écoles, sélectionnées sur la base de critères socio-économiques, qui ont le plus besoin de moyens pour lutter contre l'échec scolaire et aider les familles d'élèves, a fait remarquer la coupole des organisations sociales chrétiennes.

"La mesure est d'autant plus injuste et incompréhensible qu'elle touchera surtout les élèves de l'enseignement fondamental et principalement de l'enseignement maternel. Certaines écoles, pour leurs classes maternelles, perdront ainsi jusqu'à 25% du montant de leur subvention! C'est d'autant plus inacceptable qu'une lutte efficace contre les inégalités scolaires nécessite précisément que l'on renforce les moyens à destination de l'enseignement fondamental", souligne le MOC.

Le Mouvement tient à rappeler les priorités de la nouvelle majorité énoncées dans la Déclaration de politique communautaire, notamment celle de lutter contre l'échec scolaire et d'enrayer la reproduction des inégalités sociales.

"La volonté de diminuer les budgets de l'encadrement différencié va totalement à l'encontre de ces objectifs", estime le MOC.

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