Bangladesh: une figure islamiste condamnée à 90 ans de prison pour crimes de guerre

15/07/13 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Source: Le Vif

(Belga) Le chef spirituel du plus grand parti islamiste au Bangladesh a été condamné lundi à 90 ans de prison par un tribunal spécial à Dacca pour des atrocités commises sous sa responsabilité lors de la lutte pour l'indépendance du pays contre le Pakistan en 1971, un verdict qui risque de provoquer de nouvelles violences.

Bangladesh: une figure islamiste condamnée à 90 ans de prison pour crimes de guerre

Ghulam Azam, âgé de 90 ans et à l'époque chef du parti Jamaat-e-Islami, a été reconnu coupable par le "Tribunal international des crimes" de Dacca d'avoir soutenu l'armée pakistanaise en aidant à créer de redoutables milices, soupçonnées d'être en partie responsables de la mort de trois millions de personnes, selon les chiffres officiels. "Il a été condamné à 90 ans de prison, soit jusqu'à sa mort", a indiqué à l'AFP le procureur, Sultan Mahmud. Il a notamment été jugé coupable de meurtre et torture. L'accusation l'a comparé à Adolf Hitler pour son rôle de "guide" dans les massacres lors des neuf mois de la sanglante guerre d'indépendance, qui a abouti à la naissance du Bangladesh, jusqu'alors province du Pakistan baptisée Pakistan oriental. Lors de l'intervention de l'Inde à la fin du conflit, signifiant la défaite imminente du Pakistan, les milices pro-Islamabad ont massacré des dizaines d'enseignants, de réalisateurs de cinémas, de médecins et de journalistes. Azam a notamment été présenté comme le "cerveau" des meurtres d'intellectuels. Le controversé "Tribunal international des crimes" (ICT), a été mis en place en mars 2010 par le gouvernement qui affirme que ces procès sont nécessaires pour cicatriser les plaies encore vivaces de la guerre d'indépendance. Mais le Jamaat-e-Islami accuse le pouvoir d'avoir créé ce tribunal -- baptisé ainsi en dépit de toute supervision d'institution internationale -- pour des motifs politiques, la plupart des personnes poursuivies appartenant à l'opposition. L'organisation Human Rights Watch a aussi critiqué des procédures ne respectant pas les critères internationaux. Ce verdict est le cinquième jugement prononcé par l'ICT. Depuis le premier verdict le 21 janvier, 150 personnes ont trouvé la mort lors de heurts entre les forces de l'ordre et des membres du Jamaat-e-Islami. (Belga)

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