"L'automobiliste écologique est un pigeon"

04/08/15 à 14:22 - Mise à jour à 15:40

Source: Knack

De plus en plus de marques proposent des modèles hybrides écologiques. Tous ces modèles ont un point commun: ils sont chers, très chers. La faute à des coûts de développement élevés, mais aussi à des politiques qui grognent plus qu'ils n'agissent.

"L'automobiliste écologique est un pigeon"

© Istock

Le temps presse. Pour 2021, tous les modèles ne pourront dépasser les 95g/km. Ceux qui ne respecteront pas ces limitations devront payer de lourdes amendes. Les marques françaises et italiennes arriveront le plus facilement à être conformes à ces normes parce que leur flotte est composée pour l'essentiel de petites voitures consommant peu. Ce n'est pas le cas des marques de luxes allemandes qui proposent de grosses berlines et des SUV. Pour ne pas se retrouver coincés d'ici quelques années, Audi, BMW, Mercedes et Volkswagen n'ont d'autres choix que d'investir en masse dans l'innovation.

Il n'y a pas que l'électricité

Quand on pense hybride, on pense souvent à l'électricité. Mais son développement est limité parce que les batteries sont trop grandes, lourdes, chères, ne se chargent pas facilement et n'ont pas beaucoup d'autonomie. Par ailleurs, la technologie évolue tellement vite qu'on peut à juste titre se demander qui voudra encore acheter une voiture électrique d'occasion dans 5 ans.

Le conducteur soucieux d'écologie qui achète aujourd'hui une voiture électrique se fait donc avoir deux fois. La première lorsqu'il paye très cher sa voiture électrique et la seconde lorsqu'il ne récupèrera rien ou presque de son investissement. Il devra même probablement s'acquitter de frais supplémentaires pour le recyclage des batteries de son véhicule.

Le choix de la facilité

À la place de proposer des moteurs diesel ou essence plus économes et qui produisent moins de CO2, les constructeurs optent pour des solutions hybrides. Cette solution a l'avantage de faire baisser les taxes, mais on se retrouve tout de même avec deux moteurs dans la voiture. Le conducteur ne peut donc bénéficier de déduction fiscale. De plus, le système est beaucoup trop cher pour être installé dans une petite voiture. D'où la question : qui peut se permettre une voiture électrique ? Seuls les cadres et les indépendants qui peuvent inscrire ces frais dans leur société et ainsi les déduire fiscalement. Ils se font donc offrir leur grosse berline "écologique" par le contribuable. On ne peut cependant pas leur reprocher puisque c'est autorisé par la loi.

Quelles alternatives ?

Les technologies à l'hydrogène sont encore plus chères et si possible encore moins faciles à utiliser que l'électricité. D'ailleurs, elles en sont encore à un stade expérimental. Le gaz naturel compressé semble par contre une bien meilleure piste. C'est même la ressource fossile la plus "propre" pour remplacer l'essence et le diesel. Elle ne produit pratiquement pas de particules fines et diminue le rejet de CO2 de 12 % par rapport au diesel et de 27 % par rapport à l'essence. Celui qui roule au gaz compressé pollue donc moins tout en diminuant sa facture à la pompe de 30 %.

Remplir sa voiture peut en effet se faire de la même façon qu'on le fait aujourd'hui, soit à la pompe à essence. La grosse différence, c'est qu'il n'y a qu'une poignée de pompes de ce genre en Belgique et toutes ne sont pas en permanence en fonction. Ce détail, et non des moindres, vient donc noircir le tableau. Heureusement que ces voitures disposent de deux réservoirs, l'un pour le gaz et un autre pour l'essence. Cependant le réservoir de gaz peut réduire le volume du coffre, occuper l'espace de la roue de secours ou encore faire que le modèle ne soit pas disponible en break. Par ailleurs ce genre d'option peut faire monter le prix de la voiture de 4500 euros. Par exemple notre voiture test, la E 200 Natural Gas Drive, coûte 57.899,71 euros, taxes et nombreuses options comprises il est vrai. Cela ne reste pourtant pas vraiment abordable pour un automobiliste lambda qui souhaite participer à l'effort contre le réchauffement climatique. Mais un tel constat ne semble pas perturber outre mesure nos excellences de la rue de la Loi.

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