700 pro-Morsi tués au Caire en 2013: "probable crime contre l'Humanité", selon HRW

12/08/14 à 14:38 - Mise à jour à 14:38

Source: Le Vif

(Belga) La mort il y a un an au Caire d'au moins 700 manifestants qui réclamaient le retour du président égyptien destitué Mohamed Morsi a été une "tuerie de masse" qui "s'apparente probablement à un crime contre l'Humanité", a jugé mardi Human Rights Watch.

700 pro-Morsi tués au Caire en 2013: "probable crime contre l'Humanité", selon HRW

Le 14 août 2013, un peu plus d'un mois après que le chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi eut destitué et fait arrêter le premier président élu démocratiquement en Egypte, le carnage perpétré par les soldats et policiers au coeur de la capitale, sur les places Rabaa al-Adhawiya et Nahda, a initié une vague impitoyable de répression visant essentiellement les Frères musulmans, la confrérie islamiste de M. Morsi. Le gouvernement a reconnu la mort, ce jour-là, de plus de 700 manifestants. HRW réclame une enquête visant jusqu'à M. Sissi, élu triomphalement président en mai dernier après avoir éliminé toute opposition. Ce dernier avait promis d'"éradiquer" les Frères musulmans, qui avaient remporté toutes les élections depuis qu'une révolte populaire avait chassé Hosni Moubarak du pouvoir début 2011. Dans un rapport de 188 pages présenté à la presse au Caire par vidéo-conférence depuis l'étranger, HRW, citant plus de 200 témoins, parle de 817 morts sur la place Rabaa seule. Et assure que les forces de l'ordre ont "méthodiquement ouvert le feu sur des foules de manifestants s'opposant à l'éviction" de M. Morsi par les militaires le 3 juillet 2013. L'organisation internationale basée à New York accuse: il s'agissait d'"un plan qui prévoyait la mort de plusieurs milliers de personnes et qui a été élaboré au plus haut niveau". HRW nomme ainsi des officiers de haut rang ainsi que des responsables politiques, dont le maréchal à la retraite Sissi, alors ministre de la Défense mais surtout véritable homme fort du pouvoir, et le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim. Tous "devraient faire l'objet d'une enquête", ajoute HRW. Le gouvernement égyptien a condamné le rapport, critiquant "son manque d'objectivité" et affirmant que l'ONG n'avait pas de statut légal pour mener ses activités en Egypte. (Belga)

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