He Jiankui: une "irresponsable" fabrication de bébés. © Alan Siu/BELGAIMAGE

Rétro 2018 : deux bébés chinois. Et moi, et moi, et moi?

Laurence Van Ruymbeke
Laurence Van Ruymbeke Journaliste au Vif/L'Express

S’il voulait qu’on parle de lui, c’est réussi. Pour la gloire, il faudra repasser. Le chercheur chinois He Jiankui, qui a annoncé sur YouTube la naissance des premiers bébés génétiquement modifiés au monde, a suscité l’opprobre de toute la communauté scientifique. Et au-delà. Il a depuis lors décidé de  » faire une pause  » dans ses recherches.

Le chercheur, qui pilote un laboratoire à Shenzhen, a expliqué que, grâce à lui, les jumelles Lulu et Nana disposaient d’un ADN qui les rendait résistantes au virus du sida. Cette expérience avait été menée avec l’aide de huit couples volontaires, tous composés d’un père séropositif et d’une mère séronégative. Et tous avertis, assure le scientifique, de ses dangers possibles.

Des scientifiques du monde entier ont vertement critiqué cette  » irresponsable  » fabrication de bébés. Ils dénoncent entre autres les risques encourus par les embryons du fait de ces modifications génétiques ainsi que l’absence de vérification indépendante : cette expérience n’a pas fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique. L’université de sciences et technologie de Shenzhen, à laquelle He Jiankui est rattaché, n’était pas informée de l’étude menée.  » Choquée « , elle s’est totalement distanciée du chercheur. De son côté, Pékin a lancé une enquête pour vérifier les affirmations de He Jiankui.

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