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Les sosies partagent plus qu’un physique… Leur ADN aussi est étrangement similaire

Mailys Chavagne

Comment deux inconnus non apparentés peuvent-ils se ressembler trait pour trait? Et si la réponse se trouvait dans leur ADN… Selon une nouvelle étude, des sosies ne partagent pas qu’un physique, leur ressemblance serait aussi génétique.

Qui n’a jamais rêvé de rencontrer un jour son sosie? Selon une croyance commune, chacun d’entre nous aurait au moins six sosies sur Terre. Quelle étrange expérience que de tomber nez à nez avec son reflet. Au point de se demander parfois si on n’aurait pas un frère ou une sœur caché(e)…

Et pour cause: notre apparence physique est inscrite dans nos gênes – merci papa et maman -, bien qu’elle soit en partie dictée par notre environnement. Raison pour laquelle des frères et sœurs se ressemblent, sans parler des vrais jumeaux, qui partagent un patrimoine génétique similaire. Mais dans ce cas, comment expliquer que des inconnus, issus de famille et d’origine complètement différentes, aient tant de traits communs. C’est bien simple: eux aussi, partagent un ADN similaire.

Reconnaissance faciale, test génétique, questionnaire…

Des chercheurs espagnols se sont penchés sur ce phénomène pour le moins surprenant. Pas facile néanmoins de trouver des sosies! Heureusement, ils ont pu compter sur le travail du photographe François Brunelle « Je ne suis pas un sosie! » qui a parcouru le monde à la recherche de duos de personnes aux caractéristiques physiques très semblables.

C’est ainsi que pour leur étude, publiée dans Cell Reports, ils ont pu recruter 32 paires de sosies, chargées dans un premier temps de remplir un questionnaire sur leurs habitudes de vie et de fournir des échantillons de salive pour les analyses génétiques.

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Les chercheurs ont ensuite analysé les profils faciaux des participants à travers trois algorithmes de reconnaissance faciale. Écartement des sourcils, forme de la pupille, bout du nez, hauteur de la lèvre supérieure… 25 des 32 duos de sosies ont été identifiés comme très similaires par au moins deux algorithmes quand 16 d’entre eux ont été considérés comme « jumeaux identiques » par les trois algorithmes. C’est sur ces 16 duos que des tests génétiques ont été effectués et les résultats sont particulièrement marquants.

Ceux reconnus comme jumeaux par les algorithmes partageaient également de nombreuses similitudes dans leur ADN. Les résultats ont en effet révélé que neuf des 16 paires avaient plus de 19.000 polymorphismes nucléotidiques simples (SNP) communs, c’est-à-dire le type de variation génétique le plus courant chez les humains. Ces duos ont d’ailleurs été qualifiés d' »ultra-sosies » par les scientifiques en raison de cette ressemblance génotypique troublante.

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En analysant le questionnaire, les chercheurs se sont également rendus compte que les sosies partageaient également certaines habitudes de vie, telles que le tabagisme et le choix de leurs études. Des résultats qui montrent que la génétique n’est pas seulement liée à une ressemblance physique, mais peut également influencer les habitudes et le comportement des personnes.

Un espoir pour améliorer les diagnostics

Le Dr Manuel Esteller, généticien moléculaire à l’Université de Barcelone et co-auteur de l’étude, espère que les résultats de l’étude aideront les médecins à diagnostiquer les maladie à l’avenir selon le profil ADN des patients. « Si les gens ont des gènes suffisamment similaires pour se ressembler, ils pourraient aussi partager des prédilections pour les maladies. »

Néanmoins, il faut prendre l’interprétation de ces résultats avec des pincettes: non seulement, l’échantillon de sosies étudié est limité, les analyses ont été effectuées sur des photos en noir et blanc et en deux dimensions mais en plus, la majorité des participants sont européens.

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