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Vie sexuelle des Belges: « On sous-estime le slow sex »

Mare Hotterbeekx
Mare Hotterbeekx Journaliste Knack Weekend

Pour 4 Belges sur 10, parler de sexe est encore tabou. Pourtant, 84 % ne sont pas entièrement satisfaits de qui se passe dans leur chambre à coucher. Où est le hic? « Nous avons une image déformée de ce qu’est une ‘bonne’ sexualité », explique la sexologue Goedele Liekens.

Seulement 16% des Belges sont 100% satisfaits de leur vie sexuelle. C’est ce que révèle une enquête de la chaîne néerlandaise d’accessoires érotiques Christine Le Duc réalisée auprès de 1 000 compatriotes sexuellement actifs. Si 16% paraissent peu, Goedele Liekens estime qu’il n’y a pas lieu de s’affoler.

« Un petit pourcentage est parfaitement satisfait, 25% sont insatisfaits et les autres se situent entre les deux. Environ la moitié des répondants sont plus ou moins heureux au lit. Ce n’est pas bon, mais un peu moins désastreux qu’il n’y paraît à première vue », nuance Liekens.

Vive le slow sex

La pression à la performance, une communication défaillante ou de fausses attentes gâchent le plaisir dans la chambre à coucher. « Dans les films, les chansons et les médias, on encense le sexe passionné et acrobatique. Ce phénomène détourne notre attention de la vraie passion et l’intimité. Le sexe lent est souvent beaucoup plus satisfaisant que le sexe superficiel et cinématographique que l’on peut voir partout. Une partie de jambes en l’air lente peut être très intense et ardente : la lenteur permet de mieux sentir ce qu’il se passe dans la tête et le corps et de faire des étincelles. Le sexe est une question de sentiments, ne l’oublions pas. »

Pour un peu moins de la moitié des Belges, parler de ces sentiments est difficile. Plus une relation dure, moins on en parle. « Les Belges ont tendance à beaucoup refouler. Et quand on finit par aborder un problème, il y a de bonnes chances que ce soit pour se plaindre ou piquer une crise parce qu’on a trop longtemps refoulé ses sentiments. Et c’est évidemment à éviter à tout prix », explique Liekens.

Entretien de fonctionnement

Comment gérer ça? « La clé, c’est la ratification positive. Cela fonctionne pour les chiens, mais aussi pour les gens. (rires) Surtout, n’en faites pas un entretien de fonctionnement sexuel, mais restez léger et positif. Au lieu de vous plaindre de votre vie sexuelle irrégulière, vous pourriez dire: ‘C’était bien, j’aimerais plus souvent faire l’amour avec toi' ».

« En communiquant de cette façon, on évite que cela ne devienne douloureux ou ennuyeux et on découvre ce que l’autre personne aime exactement. Il est également important de ne pas tout changer en même temps. Rome non plus ne s’est pas construite en un jour. Allez-y pas à pas. C’est en forgeant qu’on devient forgeron », poursuit Liekens.

Pas d’idéaux de beauté dans la chambre à coucher

Si on arrive à éliminer les problèmes de communication, c’est déjà pas mal. Mais pour un Belge sur quatre, le manque de confiance en soi joue également un rôle majeur. Ce qui n’a rien d’illogique, estime la sexologue. Qui se sent encore assez beau de nos jours ? Mais il ne faut pas confondre beauté et attirance sexuelle. C’est une grosse erreur. Nul besoin d’être mannequin Victoria’s Secret pour avoir une vie sexuelle épanouie. Il suffit de regarder les filles de joie de la rue Aarschot à Bruxelles : elles sont parfois loin l’idéal de beauté, mais elles dégagent quelque chose d’érotique. Et cet érotisme apparaît sous toutes les formes, tailles, couleurs et styles. Il n’y a donc pas lieu vouloir se conformer à l’idéal de beauté. Celui-ci n’est pas lié à la force d’attraction ».

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