Variole du singe: risque « très faible » d’une vaste contagion, selon une agence européenne

Le risque de contagion de la variole du singe est « très faible » dans la population en général mais « élevé » chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels, a estimé lundi l’agence de l’Union européenne chargée des maladies.

« Pour la population en général, la probabilité de contagion est très faible », indique le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dans sa première évaluation des risques depuis l’apparition inhabituelle de dizaines de cas en Europe et en Amérique du Nord.  « Toutefois, la probabilité de transmission du virus en cas de contact proche, par exemple durant des rapports sexuels avec des personnes ayant plusieurs partenaires, est considéré comme élevé », souligne l’agence dans son rapport.

   La variole du singe se traduit d’abord par une forte fièvre et évolue rapidement en éruption cutanée, avec la formation de croutes, notamment sur le visage. L’ECDC recommande l’isolement de tous les cas jusqu’à ce que les lésions provoquées par la maladie « soient complètement guéries ».

   Au total, 67 cas ont été recensés jusqu’ici dans huit pays de l’UE (France, Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Portugal et Suède), selon l’ECDC. Les autorités sanitaires au Danemark ont par ailleurs annoncé un premier cas lundi. La maladie, cousine moins dangereuse de la variole éradiquée depuis une quarantaine d’année, est endémique en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Mais la multiplication des cas hors de la zone de diffusion habituelle inquiète les experts.

   Des cas ont également déjà été enregistrés au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada et en Australie.

   Outre les relations sexuelles, des contacts de muqueuses ou de plaies infectées, ou encore de grosses gouttelettes transmises lors d’un face-à-face prolongée sont considérés comme des vecteurs possibles, selon l’agence. « Je suis préoccupée par la hausse du nombre de cas signalés de variole du singe dans l’UE et au niveau mondial », a commenté la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, citée dans un communiqué de l’ECDC. « Nous suivons la situation de près, et même si la probabilité d’une contagion à la population générale est faible, la situation évolue », a-t-elle prévenu.

   Si la plupart des cas sont peu graves, la variole du singe peut l’être chez les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées, souligne l’ECDC.

L’agence européenne appelle également à la vigilance sur une éventuelle transmission de l’homme à l’animal. « Si une transmission de l’humain à l’animal se produit, et que le virus se diffuse dans la population animale, il y a un risque que la maladie devienne endémique en Europe », souligne-t-elle.

Exhorter les pays à agir rapidement
L’ECDC a publié une évaluation des risques et a appelé les pays à se concentrer sur l’identification rapide, le traitement, le suivi, la recherche des contacts et la notification des cas de variole du singe. Elle conseille également aux pays de vérifier la disponibilité des vaccins antivarioliques, des antiviraux et des équipements de protection pour le personnel de santé.
      Le directeur de l’ECDC, Andrea Ammon, souligne que la majorité des cas enregistrés pour l’instant n’étaient accompagnés que de symptômes légers et que la chance de propagation à toute la population est très faible.  Chez les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées, les symptômes peuvent être plus sévères, prévient l’ECDC. « Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour estimer avec précision la morbidité et la mortalité dans cette épidémie », a ajouté le centre européen de contrôle des maladies

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