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Les vertus insoupçonnées du jardinage

Le Vif

Pour ceux qui prennent plaisir à gratter leur petit coin de terre, le jardinage est un excellent moyen de garder la forme : il force à bouger, fait fondre le stress comme neige au soleil et peut même, lorsqu’il est pratiqué en groupe, contribuer à renforcer les liens sociaux.

Le jardinage est de ces hobbys qui divisent l’humanité en deux camps : celui des passionnés et celui des indifférents… mais ceux qui y adhèrent ont toutes les raisons de s’en féliciter, car ses effets bénéfiques sont aussi spectaculaires que clairement mesurables. Une tension et un rythme cardiaque plus faibles, moins d’hormones de stress et une immunité renforcée ne sont que quelques exemples des bénéfices que cette activité leur apporte à leur insu !

La multitude des tâches à accomplir fait de ce hobby une forme d’exercice attrayante et surtout peu monotone. L’intensité de l’effort aussi est très variable. Un travail relativement lourd comme la préparation du sol en vue des plantations à venir, qui implique de bêcher la terre et de charrier des brouettes de compost, peut ainsi facilement être alterné avec d’autres tâches beaucoup plus légères comme les semis, le désherbage ou le tuteurage. Certaines activités peuvent se faire sans trop bouger, d’autres imposent de manier un taille-haie ou une tondeuse motorisée. Autant dire que quiconque s’active peu ou prou dans son jardin dépasse sans peine le seuil d’activité physique quotidien recommandé (une demi-heure d’exercice d’intensité modérée)… même s’il faut évidemment moins de temps pour entretenir un lopin grand comme un mouchoir de poche qu’un terrain plus conséquent.

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L’esprit aussi récolte les bienfaits du jardinage : souvent, le contact direct de l’humus et des plantes, l’attente impatiente des premières pousses au retour du printemps, la générosité des récoltes et l’ambiance presque méditative qui entoure les tâches de la froide saison sont synonymes d’une profonde communion avec la nature. Se concentrer sur les petites tâches concrètes est en outre une excellente manière d’oublier ses soucis : le désherbage du potager, par exemple, demande une bonne dose d’attention sous peine d’arracher par mégarde les plants de carottes à peine sortis de terre, et la taille des rosiers, des buis ou des fruitiers aussi exige un certain savoir-faire. Parce qu’elles forcent à vivre l’instant présent (un peu comme dans la pleine conscience), ces activités ont souvent un effet très relaxant. Cela dit, le simple fait de s’installer dehors pour profiter du ballet incessant des oiseaux, des butineurs, des fleurs bercées par la brise ou de la vue des fruits et légumes qui mûrissent doucement au soleil permet déjà de se vider l’esprit, ce qui explique indubitablement pourquoi la dépression est notoirement moins fréquente chez les jardiniers…

DES RACINES SOCIALES

Ce bénéfice semble plus marqué encore pour les jardins dits ouvriers, familiaux ou associatifs. D’après les recherches réalisées à ce sujet, ceux qui les entretiennent consultent moins souvent leur généraliste, sont globalement plus satisfaits de leur vie et, surtout, se sentent beaucoup moins seuls. Le concept favorise en effet les contacts sociaux et ceux qui s’occupent d’un jardin ouvrier sont souvent très attachés à leur lopin de terre et à tout ce qui y a trait, au point d’affirmer que leur qualité de vie serait sensiblement diminuée s’ils devaient s’en trouver privés. Pourtant, il arrive encore régulièrement que des parcelles disparaissent… et c’est d’autant plus dommage qu’elles offrent des perspectives particulièrement intéressantes pour booster la qualité de vie et la santé de notre population vieillissante, puisque les seniors qui s’en occupent affichent de meilleurs scores que des non-jardiniers du même âge pour toute une série de facteurs. N’allez toutefois pas croire que ces parcelles associatives n’intéressent que les vieillards : le concept rencontre en effet aussi un regain d’intérêt dans la jeunesse branchée, fût-ce parfois au travers d’alternatives nouvelles comme les jardins de toiture ou les jardins citadins installés sur des terrains industriels abandonnés – des projets qui permettent aux habitants d’un quartier de se retrouver par exemple autour d’un potager commun destiné à alimenter des initiatives locales.

AU BONHEUR DES PETITS

Il suffit d’un rien pour attirer les plus petits au jardin : les graines qu’on enfonce dans la terre avec les doigts, les petites feuilles qu’on attend avec impatience et enfin les délicieux radis qui se forment en l’espace de quelques semaines exercent sur eux une irrésistible fascination. Sans compter que le plaisir de la découverte peut éveiller leur intérêt pour d’autres légumes et contribuer ainsi à une alimentation plus saine. Leur confier un petit bout de jardin à gérer eux-mêmes (sous la guidance de papa et maman) peut aussi stimuler leur sens des responsabilités… et quelle fierté pour eux, après tous ces efforts, de voir toute la famille se régaler de leurs petits pois fraîchement récoltés !

Le jardinage est d’ailleurs aussi une excellente activité pour entretenir les liens familiaux – en particulier avec les grands-parents, qui ont souvent plus de temps que les parents pour s’occuper du potager avec leurs petits-enfants.

CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE

Lors des travaux de jardinage les plus légers (semis, tuteurage, taille légère, etc.), la consommation énergétique est déjà moitié plus élevée qu’au repos… et même si ce n’est finalement pas grand-chose, le simple fait de solliciter ses muscles induit déjà une foule de bénéfices, tant il est vrai que le système musculaire est le moteur de la santé ! (6-10)

La plupart d’entre nous consomment de deux à cinq fois plus d’énergie en jardinant qu’au repos – un bon niveau d’effort qui peut facilement être maintenu pendant plusieurs heures et dont la consommation énergétique correspond environ à celle d’une journée de marche énergique. C’est certes moins que lors d’une  » vraie  » activité sportive, mais celle-ci s’étale généralement sur une période moins longue.

Les tâches les plus lourdes (bêchage, taille d’une haie haute à l’aide d’un taille-haie électrique, etc.) représentent une consommation énergétique comparable à celle du sport. Ce niveau d’effort est difficile à maintenir sur la durée à moins d’être bien entraîné à ce type d’exercice, ce qui n’est généralement le cas que chez les professionnels (et encore, car eux aussi font de plus en plus souvent appel à des aides mécaniques).

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