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Les femmes ronflent autant que les hommes (mais elles ont du mal à l’admettre)

Mailys Chavagne
Mailys Chavagne Journaliste Web

Une nouvelle étude met en garde ces femmes qui ont du mal à admettre qu’elles aussi poussent des grognements en dormant. Ce non-dit peut en effet leur porter préjudice, car un ronflement n’est pas toujours anodin.

Un puissant grondement vous réveille en pleine nuit, et surpris, vous découvrez que ce n’est, non pas le voisin qui a allumé la débroussailleuse, mais bien votre femme, endormie paisiblement à vos côtés, qui laisse échapper quelques ronflements pour le moins… surprenants. Des chercheurs israéliens viennent en effet de prouver que la femme ronfle tout autant et tout aussi fort que son congénère masculin. L’étude, publiée dans la revue Journal of Clinical Sleep Medicine, s’est basée sur une analyse des ronflements de 2000 hommes et femmes âgées de 50 ans en moyenne.

Le pneumologue Nimrod Maimon, responsable de l’étude, s’est intéressé aux personnes atteintes de troubles du sommeil. Il leur a alors posé quelques questions afin d’évaluer leurs ronflements, avant de les observer durant leur sommeil. « Il est apparu que les femmes et les hommes ronflaient autant les uns que les autres« , fait remarquer le professeur. Et à une intensité équivalente : autour de 50 décibels. Soit un peu moins qu’un sèche-cheveux.

Et pourtant, à la question de savoir si oui ou non, elles pensaient ronfler, « les femmes avaient tendance à peu le déclarer… et à sous-estimer l’intensité de ces ronflements ». Parmi les 28% des femmes qui ont déclaré ne pas ronfler, près de la moitié ronflait en réalité fortement ! Du côté des hommes, 93% disaient ronfler, alors que 92% d’entre eux le faisaient vraiment.

Apnée du sommeil

Si les femmes ont du mal à l’admettre, c’est parce que ces bruits nocturnes sont souvent considérés comme étant très peu gracieux. La pression sociale les interdirait donc d’avouer ce ronflement si masculin.

En général, les ronflements sont un signe que les muscles de notre corps se relâchent pendant la nuit. Pas d’inquiétude à avoir, donc. Mais lorsqu’ils deviennent fréquents et plutôt forts , les ronflements peuvent cacher un syndrome potentiellement dangereux pour la santé : l’apnée du sommeil.

« Le syndrome d’apnées du sommeil est caractérisé par des arrêts de respiration qui ont lieu pendant le sommeil. Les durées et fréquences de ces apnées varient d’un individu à l’autre, d’où une différenciation entre symptôme d’apnées léger, modéré et sévère « , définissent les Cliniques universitaires Saint-Luc. Mais en général, il n’est question d’un syndrome d’apnée du sommeil que si chaque interruption respiratoire dure au moins dix secondes.

Le problème, c’est qu’en coupant votre respiration, ce syndrome provoque des micro-réveils – un mécanisme inconscient qui vous permet de reprendre votre respiration normale. La qualité de votre sommeil diminue alors drastiquement. Autre problème : une interruption systématique de votre respiration peut impacter le coeur sur le long terme et ainsi augmenter le risque d’arrêt cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.

Ne pas savoir si l’on ronfle, ou ne pas l’admettre, peut donc s’avérer problématique. Alors mesdames, n’aillez pas honte de vos bruits nocturnes et n’hésitez pas à consulter.

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