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Le Covid a conduit à une pandémie de « bienveillance »

Celine Bouckaert
Celine Bouckaert Journaliste

Si la pandémie de coronavirus a eu un impact désastreux sur la santé physique et mentale, elle a également eu des effets positifs. A en croire le World Happiness Report, elle nous a rendus plus généreux et bienveillants.

Chaque année, le World Happiness Report, sponsorisé par les Nations Unies, établit un classement du bonheur. En tête pour la cinquième année consécutive, la Finlande devance le Danemark, l’Islande, la Suisse et les Pays-Bas. Le Liban et l’Afghanistan ferment la marche.

En 2021, les scientifiques avaient constaté une hausse significative d’émotions négatives pour 2020, la première année de la pandémie de Covid. Cependant, la générosité envers les étrangers avait également augmenté encore plus que les émotions négatives. Pour l’année 2021, la bonne nouvelle c’est que ces émotions négatives sont pratiquement retombées au même niveau que les années 2017-2019, mais que la bienveillance est restée au même niveau qu’en 2020.

Concrètement, les scientifiques observent une recrudescence d’aide aux autres, du bénévolat et des dons aux organisations caritatives. Au total, les chercheurs notent une augmentation de ces trois types de comportements « bienveillants » de près d’un quart en 2021 par rapport à la période 2017-2019, soit la plus forte augmentation qu’ils aient constatée en dix ans de recherche. Le nombre de personnes faisant chacune de ces trois choses a fortement augmenté au cours de la pandémie. En 2020, il y avait déjà une augmentation, l’année dernière elle s’est accentuée. Au total, les chercheurs notent une augmentation de ces trois types de comportements de près d’un quart en 2021 par rapport à la période 2017-2019, soit la plus forte augmentation qu’ils aient constatée en dix ans de recherche.

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« Le Covid est la plus grande crise sanitaire que nous ayons connue depuis plus d’un siècle », explique le professeur John Helliwell de l’Université de Colombie-Britannique, co-auteur de l’étude. « Maintenant que nous disposons de deux années de données, nous sommes en mesure d’évaluer non seulement l’importance de la bienveillance et de la confiance, mais aussi de voir comment elles ont contribué au bien-être pendant la pandémie. »

« L’aide aux étrangers, le bénévolat et les dons en 2021 ont fortement augmenté dans toutes les régions du monde, atteignant des niveaux supérieurs de près de 25 % à la période pré-pandémique. Cet élan de bienveillance, qui a été particulièrement important pour l’aide aux étrangers, prouve que les gens réagissent pour aider les autres dans le besoin, créant ainsi plus de bonheur pour les bénéficiaires, de bons exemples à suivre pour les autres et une meilleure vie pour eux-mêmes », ajoute John Helliwell.

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Un cercle vertueux

Selon les chercheurs, il est trop tôt pour dire si l’augmentation de la bienveillance en 2021 se traduira par une amélioration du bien-être global. Des études menées au niveau individuel ont montré que la bienveillance et le bonheur forment un cercle vertueux, les personnes bienveillantes étant plus susceptibles d’être heureuses et les personnes heureuses étant plus susceptibles d’agir de manière bienveillante.

Les auteurs de l’étude évoquent même « une pandémie de bienveillance ». « La pandémie de Covid qui a débuté en 2020 a conduit à une pandémie de bienveillance en 2021, avec une propagation tout aussi mondiale. Il faut espérer que la pandémie de bienveillance se poursuivra bien au-delà du Covid. S’il est durable, cet élan de bonté offre des raisons d’espérer et d’être optimiste dans un monde qui en a bien besoin ».

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