Opinion

Carte blanche

De l’incroyable ignorance des hommes sur la sexualité féminine (carte blanche)

Et dire qu’au 19ème siècle, les hommes s’étonnaient parfois en découvrant que les femmes avaient elles aussi des poils pubiens ! Anne Neuckens-Askenasi, auteure, retrace l’évolution historique de la méconnaissance de ces messiers vis-à-vis du plaisir sexuel féminin.

A part les veinards qui avaient accès aux statues de l’antiquité, les hommes d’autrefois n’avaient qu’une vague idée de l’aspect du corps des femmes et, en particulier, ignoraient totalement à quoi ressemblait leur sexe et comment il fonctionnait.

Il est ahurissant de const ater que des écrivains anglais de la fin du XIXème siècle, quoique progressistes, intelligents et démangés par l’envie de copuler, ne savaient absolument pas comment s’y prendre pour conduire leur compagne à l’orgasme.

L’écrivain H.G. Wells, lequel, avant d’épouser sa cousine, avait tenté de la toucher tendrement, avait toujours été repoussé avec pudibonderie jusqu’au jour où elle consentit à le laisser glisser une main sous ses jupes. Quelle ne fut pas la stupeur du jeune homme de découvrir que les femmes avaient elles aussi des poils pubiens !

Quand le couple décida de se marier, H.G.Wells considéra indispensable d’aller d’abord voir une prostituée pour savoir un peu comment s’y prendre avec son épouse.

Evidemment, les prostituées ne cherchent qu’à mener le plus vite possible leurs clients à l’orgasme pour en multiplier le nombre. Elles ne perdent pas leur temps à les instruire sur la manière de les conduire elles-mêmes au plaisir.

Ainsi, la plupart des romans de la fin du XIXème siècle et du début du XXème montrent des hommes déçus de leur expérience conjugale et convaincus d’être tombés sur des « femmes frigides ».

Wells, en faisant, à la fin de sa vie, un bilan de ses conquêtes féminines (une centaine de femmes paraît-il), semble, à la faveur de ses nombreuses aventures avoir finalement donné du plaisir à beaucoup de ses amantes, aidé à cela par la taille de son pénis, impressionnante paraît-il pour un homme maigrichon et de petite stature.

Mon grand-père, né en 1870, réputé pour être « un chaud lapin », resta toute sa vie, tendrement amoureux de sa femme, bien qu’il regrettât « la frigidité » de celle-ci et se consolât à droite et à gauche à l’occasion.

J’ai connu pendant ma jeunesse les théories sur « l’amour libre« , défendues par la gauche révolutionnaire et répandues parmi « les progressistes » jusqu’à mes années d’université (1960 à 1964).

A cette époque un bobard sévissait auprès de tous les étudiants mâles : « Il existe deux types de femmes, « les vaginales » et « les clitoridiennes ».

Il va de soi que chaque étudiant rêvait de tomber sur une « vaginale » qu’un simple rentre-dedans allait projeter au 7ème ciel. Il fallut attendre le début du XXIème siècle pour que le cinéma américain s’autorise à montrer des amoureuses offrant un pompier à leur partenaire.

Pourtant, dans les années 1950 encore, aucun plouc n’aurait, par respect, osé demander à une prostituée de lui faire « une pipe ». La seule exception admise se produisait lorsque la péripatéticienne était tellement âgée que plus personne n’avait envie de l’embrasser.

Il fallut encore quelques années pour que le cinéma ose enfin montrer un dégourdi offrir une fellation à sa compagne.

Certains peuples qui vivaient dans la nudité, permettaient à leurs jeunes de se connaître dans des cases réservées au passage de la puberté. Ces adolescents apprirent, bien avant les européens le rôle du clitoris dans l’accès à l’orgasme.

Ils l’ont si bien compris que, nouvelle religion ou simple domination mâle aidant, ils décidèrent de procéder à l’ablation du clitoris de leurs jeunes filles. Ils pouvaient ainsi se tranquilliser à la perspective que leurs épouses se contenteraient de ne servir que de récipients, réservés à satisfaire leur libido et à leur fournir des rejetons légitimes.

Beaucoup de peuples continuent à notre époque encore, à soumettre les jeunes filles de leur ethnie à l’obligation sacrée de réserver leur virginité à leur mari.

Cela n’empêche pas les mâles de ces groupes d’éprouver le besoin naturel de copuler ce qui les conduit parfois à violer les femelles méprisables des autres groupes ou les demoiselles de leur propre ethnie qui semblent s’être libérées de leurs obligations sacrées.

Heureusement, la plupart des jeunes d’aujourd’hui apprennent à l’école à connaître l’autre sexe avec amitié, douceur et respect.

Quant au cinéma, il poursuit ses ouvertures libidineuses de plus en plus loin. Quasi aucun film d’aujourd’hui n’oublie d’introduire parmi ses personnages des homosexuels ou des transgenres, toutes couleurs confondues.

Une grand-mère scandalisée me racontait aujourd’hui, que dans le collège de ses petites filles, les adolescentes se sentaient quasi obligées d’offrir des pipes à leur amoureux, de peur de passer pour des oies blanches !

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