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Charge mentale : 11 trucs pour la soulager

En mai dernier, une bande dessinée a fait le buzz sur les réseaux sociaux : Emma, avec  » Fallait demander « . Elle mettait en avant la charge mentale qui pèse sur une majorité de femmes. Ce succès fulgurant est-il à imputer au fait que chacun d’entre nous peut s’y retrouver ?

La loi du 4 août 1996 a reconnu la charge mentale comme un aspect à prendre en considération dans le bien-être au travail. Le conseiller en prévention compte en effet parmi ses missions celle de :  » contribuer et collaborer à l’étude de la charge de travail, à l’adaptation des techniques et des conditions de travail à la physiologie de l’homme ainsi qu’à la prévention de la fatigue professionnelle, physique et mentale et participer à l’analyse des causes d’affections liées à la charge de travail et aux autres facteurs psychosociaux liés au travail.  »

Mais qu’est-ce que cette charge mentale ?  » La charge de travail est bien reconnue : ce sont toutes ces choses qu’il faut réaliser sur sa journée ou sa semaine. Mais la charge mentale est bien plus que cela : c’est ‘faire’ et ‘penser à faire’. Cette partie cognitive du travail inclut tout ce qui concerne la planification, l’organisation, le simple fait de penser à réaliser ces choses avant de les réaliser ainsi que leur suivi « , explique Géraldine Hennixdal, psychologue spécialisée en psychologie positive et coaching. Et parfois, trop c’est trop ! L’épuisement mental est au rendez-vous…

À la maison aussi

u0022La charge mentale peut mener à une sorte de ‘burn-out domestique’. Il est alors temps de réorganiser les habitudes familiales.u0022

Cela peut sembler élémentaire : avant de réaliser des actions, il faut penser à les faire et organiser cette réalisation. En quoi cela peut-il poser problème ?  » Dans le domaine professionnel, si le travail est bien organisé, chacun a son domaine à gérer. Même si cela peut être lourd, c’est prévu pour être gérable. Mais la vie familiale et domestique n’est pas organisée, ou très rarement, comme une entreprise où les rôles sont attribués « , poursuit la psychologue. Résultat : c’est souvent une seule personne qui se charge de prévoir et organiser l’essentiel des tâches.  » Il s’agit le plus souvent des femmes, car les tâches domestiques sont le plus souvent encore dans leur giron. Mais cela peut être aussi le cas du parent célibataire qui doit tout prendre en charge, soit à temps plein, soit une semaine sur deux.  »

Par ailleurs, des profils de personnalité sont aussi plus prompts à prendre tout sur elles. Il s’agit, selon Géraldine Hennixdal, des personnes qui ont besoin de garder le contrôle, qui sont perfectionnistes, qui sont rigides dans les manières de faire les choses ou dans le timing, qui ont besoin de reconnaissance et/ou de valorisation par le fait d’être toujours actives, qui veulent se sentir indispensables. Et puis il ne faut surtout pas sous-estimer le rôle de l’éducation !

 » Fallait demander…  »

 » Les hommes ressentent beaucoup d’injustice lorsqu’ils sont accusés de ne presque rien faire. ‘Je fais toujours ce que tu me demandes ! ‘. Et le problème il est là : il faut leur demander. C’est donc la femme qui doit voir et penser à ce qu’il faut faire, même si elle en délègue la réalisation pratique. Tous deux parlent de charges différentes : la réalisation et la planification, et c’est là qu’ils ne se comprennent pas et ne se sentent pas reconnus dans ce qu’ils font.  »

C’est d’ailleurs ce que reproche Emma, dans la BD : le fait qu’il faille toujours demander aux autres de  » faire « . Géraldine Hennixdal se veut plus conciliante avec ces messieurs :  » Emma est une féministe militante, ce qui peut expliquer son ton très dur. Personnellement, j’estime que la base d’un couple, d’une famille, est la discussion, la communication. Par exemple, alors que le mari regarde le journal télévisé au salon, alors que son épouse prépare le repas dans la cuisine, il n’est pas utile de s’énerver toute seule en tapant les casseroles et les couverts. Il faut, oui, parfois demander. Sans se fâcher ni accuser, et le faire explicitement.  »

Tout le monde ne souffre pas de cette charge mentale, entendons-nous bien ! Mais d’autres personnes en arrivent à une sorte de  » burn-out domestique « , en quelque sorte. Il est alors temps de réagir et de réorganiser les habitudes familiales. Mais attention aux révolutions : elles risquent bien de provoquer une réaction tout aussi virulente ! On peut décider d’instaurer des changements petit à petit.

11 conseils pour sortir d’une surcharge mentale, avec Géraldine Hennixdal

1. Je rassemble tous les membres de la famille autour de la table et j’explique que l’entretien de la maison et du jardin incombe à tout le monde, donc on fait les choses ensemble.  » Personne n’aide maman, car cela sous-entend qu’elle est la responsable des tâches domestiques. Or, tout le monde a sa part de responsabilités.  »

2. Je formule mes besoins sans accuser les autres.  » Il est important de bien expliquer nos besoins aux autres qui ne sont pas censés les deviner. On peut dire qu’on est allé au-delà de nos limites, qu’il y a trop à faire et qu’il est temps que chacun prenne sa part, qu’une nouvelle organisation est nécessaire pour ne pas s’épuiser.  »

3. Après avoir demandé à chacun de dresser une liste des tâches à réaliser, dans tous les domaines, nous choisissons les tâches que nous aimons faire pour commencer.  » Attention à ne pas tomber dans le piège du nombre de tâches. Préparer le repas et tondre la pelouse, ce sont des tâches mais sur la semaine, le repas prend beaucoup plus de temps !  »

4. Nous discutons ensemble des tâches qui restent et nous nous les attribuons.

5. Lorsqu’une personne est responsable d’une tâche, elle l’est de A à Z.  » Par exemple, si le fils est chargé de nettoyer la litière du chat, il ne doit pas se limiter à la changer. Il doit la désinfecter, nettoyer et ranger le matériel, mais aussi indiquer sur la liste de courses quand il faut en racheter. Soulager d’une tâche implique de soulager des tâches annexes à la tâche principale.  »

6. Si nécessaire, on explique comment réaliser la tâche et ses tâches annexes. Par exemple à l’enfant chargé de la litière du chat : quels produits utiliser, comment, etc.

7. On n’instaure pas de récompense. Il est normal que chacun contribue à l’ensemble des tâches ménagères.

8. On adapte les tâches à l’âge.  » Je vois des femmes qui préparent les tartines du midi à leur mari qui part travailler. C’est l’infantiliser, le materner, ne pas l’habituer à faire les choses par lui-même…  » C’est la même chose pour les enfants : à chaque âge, ils peuvent prendre des tâches en charge. Même les démarches administratives quand ils sont ados !

9. Une liste des courses doit être affichée. Ainsi, chaque personne peut l’alimenter. L’enfant qui est chargé de la litière indiquera qu’il faut en racheter ; mais aussi celui qui prend la dernière bouteille de lait ira ajouter  » Lait  » dans la liste de courses. Il n’y a donc plus une seule personne qui doit réfléchir à ce qu’il faut acheter… Cela libère l’esprit aussi !

10. J’ai du mal à déléguer les tâches, car j’ai l’impression qu’elles ne se feront pas ? Je dresse une liste des tâches et chacun vient biffer celle qu’il a terminée. Je serai alors tranquille de voir que oui, ça avance !

11. J’apprends à lâcher du lest. Si une tâche n’est pas réalisée comme je le ferais moi-même ? Quelle importance ? Elle n’est pas faite quand je le veux ? Je dois apprendre à attendre. L’autre a oublié sa tâche ? Il en fera le double plus tard, c’est son problème !

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