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Alimentation: pourquoi est-on de plus en plus allergiques?

Olivia Lepropre
Olivia Lepropre Journaliste

Les différents types d’allergies ont connu une recrudescence durant ces dernières décennies. Et les nombreuses allergies alimentaires ne font pas exception, notamment chez les enfants.

Les enfants sont plus susceptibles que jamais de développer toutes sortes d’allergies, notamment alimentaires. Un phénomène qui se constate à travers le monde, mais dont l’augmentation au cours des dernières décennies a été particulièrement sensible en Occident. L’allergie alimentaire touche aujourd’hui environ 7% des enfants au Royaume-Uni et 9% des enfants en Australie, par exemple. En Europe, 2% des adultes souffrent d’allergies alimentaires, précise la Dr Alexandra Santos (King’s College de Londres) dans un article pour la BBC.

Les symptômes des allergies alimentaires vont de la rougeur de la peau, de l’urticaire aux gonflements, jusqu’aux vomissements, diarrhées, difficultés respiratoires et choc anaphylactique dans les cas les plus graves. Parmi les aliments les plus courants auxquels les enfants, mais aussi les adultes, sont allergiques, on retrouve les produits laitiers, les oeufs, les différentes sortes de noix, les fruits de mer… Des réactions qui mettent parfois la vie en danger peuvent être provoquées même par des traces de ces aliments déclencheurs. Les restrictions alimentaires qui s’ensuivent peuvent vite devenir un fardeau.

On ne peut pas aujourd’hui dire avec certitude pourquoi les taux d’allergies augmentent partout dans le monde, mais des pistes de dessinent au gré des nombreuses études publiées sur le sujet.

L’importance de l’environnement

La fréquence des allergies alimentaires a particulièrement augmenté dans les sociétés industrialisées. L’augmentation des allergies peut-être en partie expliquée par une prise de conscience et un meilleur diagnostic, mais pas uniquement. On pense globalement que les allergies et la sensibilité accrue aux aliments sont probablement environnementales et liées au mode de vie occidental. Les taux d’allergies sont par exemple moins élevés dans les pays en développement. Ils sont également plus susceptibles de se produire dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Parmi les facteurs probables, on peut citer la pollution, les changements des modes et les régimes alimentaires, et une exposition moindre aux microbes, qui modifient la réponse de notre système immunitaire.

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Exemple concret : les migrants semblent présenter une prévalence plus élevée d’allergies alimentaires – mais aussi d’asthme – dans leur pays d’adoption par rapport à leur pays d’origine, ce qui peut illustrer l’influence de l’environnement direct.

Hygiène, cuisson et vitamine D

L’environnement peut donc joue un rôle, mais ce n’est pas le seul facteur. Parmi les théories de la science, l’amélioration de l’hygiène serait à blâmer, car les enfants sont moins confrontés aux infections. Les infections parasitaires, par exemple, sont normalement combattues par les mêmes mécanismes que les allergies. Avec moins de parasites à combattre, le système immunitaire se retourne contre des choses qu’il devrait considérer comme inoffensives.

On peut également citer une introduction de possibles allergènes plus tardivement dans l’alimentation des enfants. Selon une étude de 2015, la consommation précoce d’arachides dans une population à risque accru d’allergie aux arachides protègerait contre l’allergie.

Les méthodes de préparation des aliments (cru, cuit à la vapeur, bouilli…) peuvent aussi avoir un impact sur le degré de gravité et la probabilité d’une réaction allergique. Cela peut expliquer en partie des différences entre certaines régions du monde, où le mode alimentaire et les cuissons ne sont pas les mêmes.

Autre hypothèse : le manque de vitamine D. Cette dernière peut aider notre système immunitaire à développer une réponse saine, et donc à nous rendre moins sensibles aux allergies. Or, la plupart d’entre nous sont en carence.

Allergie ou intolérance ?

Le nombre d’adultes qui pensent souffrir d’une allergie alimentaire est presque deux fois plus élevé que le nombre d’adultes qui en souffrent réellement, selon une étude publiée début d’année. Si ce résultat a été constaté aux États-Unis, les chercheurs estiment que le taux doit être plus ou moins similaire dans d’autres pays.

« Un adulte sur dix souffre d’une allergie alimentaire, mais presque deux fois plus de personnes pensent qu’ils sont allergiques à la nourriture, alors que leurs symptômes peuvent également indiquer une intolérance alimentaire ou d’autres conditions liées à l’alimentation », explique Ruchi Gupta, chercheur principal. « Il est donc important de consulter un médecin pendant une longue période avant de faire des adaptations à son régime alimentaire. »

Ainsi, il convient de ne pas confondre une intolérance alimentaire et une allergie. Si les symptômes peuvent parfois êtes semblables, l’intolérance ne fait pas intervenir le système immunitaire. Pour les personnes qui souffrent d’une véritable allergie – une réaction anormale du système immunitaire à une certaine substance contenue dans un aliment -, même l’ingestion d’une petite quantité d’allergène peut provoquer jusqu’à de graves réactions physiques chez certaines personnes.

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