Manifestation des chauffeurs Uber à Bruxelles: « Si on n’aimait pas notre métier, on aurait lâché l’affaire »

Stagiaire Le Vif

Festival de klaxons et perturbations sur toute la petite ceinture : ce lundi, les chauffeurs LVC (location de véhicule avec chauffeur) sont venus exprimer leur mécontentement devant le Gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale.

Un nouvel épisode dans la saga du Plan taxi s’écrit ce lundi. Entre 150 et 200 véhicules LVC ont suivi l’appel de l’Union des chauffeurs limousine belge (UCLB) et se sont donné rendez-vous ce matin Place Poelaert, dans le centre de la capitale. Dans un cortège rythmé par les klaxons, ils se sont ensuite rendus devant le Gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale pour y rester jusqu’en fin d’après-midi. De là, deux délégations sont allées rendre visite aux sièges sociaux du PS et d’Écolo pour y poursuivre les échanges.

Rappel des faits

Au mois de novembre 2021 et après six ans de combat judiciaire à l’initiative des Taxis Verts, la cour d’appel de Bruxelles a ordonné l’arrêt de l’application UberX dans la Région de Bruxelles-Capitale. Cela a empêché plus d’un millier de chauffeurs LVC de poursuivre leur travail. Plusieurs centaines d’entre eux avaient alors bloqué la petite ceinture et plusieurs autres lieux stratégiques à Bruxelles.

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Pour tenter de réguler le secteur du transport rémunéré de personnes, cela fait plusieurs années que le Gouvernement bruxellois travaille sur un Plan taxi. Une ordonnance qui prévoit notamment de réformer les licences d’exploitation des chauffeurs et de mettre en place un nouveau système de tarification, permettant plus de transparence. Ce texte a été approuvé par le gouvernement régional en fin avril et doit désormais passer au parlement bruxellois.

Si les chauffeurs LVC ont été concertés au moment des premières ébauches du Plan taxi, ils regrettent de ne plus l’avoir été depuis lors. À l’initiative de l’Union des chauffeurs limousine belge, l’UCLB, ils se sont mobilisés pour exprimer leur mécontentement sur plusieurs points que comporte le texte dans sa dernière version.

Tout d’abord, l’UCLB regrette la distinction entre les « taxis de rue », soit des chauffeurs indépendants sous-traitant auprès de sociétés comme Uber ou Heetch, et les « taxis de stations », employés par des sociétés comme les Taxis Verts. Selon l’association défendant les chauffeurs LVC, les deux statuts impliquent « les mêmes obligations, mais pas les mêmes droits ».

L’UCLB réclame également une valorisation de l’expérience et des compétences des chauffeurs pour l’obtention du certificat de capacité que prévoit le Plan taxi. Auprès de l’agence Belga, Maître Denis Gouzée, avocat représentant l’UCLB, relève que « des chauffeurs exercent depuis de nombreuses années et ont fait des milliers de courses ». Il craint qu’un certain nombre d’entre eux n’arrivent pas à obtenir ce certificat et se retrouvent en faillite. Enfin, un avancement sur 140 licences de chauffeur en attente depuis plusieurs mois est demandé.

Ali répond aux questions entre deux coups de klaxon – Victor Broisson

Ali est chauffeur LVC depuis cinq ans. Il a vu ses conditions de travail évoluer au fil du temps. « Depuis que j’ai commencé, j’ai l’impression qu’on veut nous mettre toujours plus de bâtons dans les roues. Par exemple, depuis quelque temps, on ne peut plus transporter de clients depuis la Flandre vers Bruxelles. Ça veut dire qu’on ne peut plus faire la navette entre Zaventem et le centre-ville, ce qui représente une grosse perte. » Les réglementations relatives au transport rémunéré des personnes émanent des autorités régionales et diffèrent sur certains points. Depuis 2021, chaque chauffeur doit donc exercer dans la Région où il a obtenu sa licence.

Si Ali déplore de mauvaises conditions de travail, il ne se voit pas exercer un autre métier pour autant : « Moi j’adore conduire, j’aime le social. C’est pour ça que je suis chauffeur. Et je pense que c’est le cas pour la plupart de mes collègues. Si on n’aimait pas notre métier, ça ferait longtemps qu’on aurait lâché l’affaire. »

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