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Un bébé de 3 mois soupçonné de terrorisme à Londres

Caroline Lallemand
Caroline Lallemand Journaliste

L’information pourrait très bien être prise pour un fake mais il n’en est pourtant rien: un bébé de seulement 3 mois a été interrogé plusieurs heures à l’ambassade des Etats-Unis à Londres car il était soupçonné de… terrorisme. Une histoire abracadabrante rapportée par The Guardian.

Le quiproquo tient son origine d’un document officiel à remplir lors de la demande de visa ESTA indispensable pour entrer sur le territoire américain. Le grand-père d’un bébé de 3 mois a coché par erreur la mauvaise case sur le formulaire. La famille comptait se rendre à Orlando (Floride) pour les vacances. A la question: « Cherchez-vous à vous engager ou avez-vous été engagé dans des activités terroristes, d’espionnage, de sabotage ou de génocide ? », Paul Kenyon, 62 ans, a malencontreusement répondu positivement au nom du petit Harvey.

Le grand-père s’est rendu compte de son erreur lorsqu’il a essuyé un refus. Mais plus qu’une interdiction de fouler le sol américain, le bébé a carrément été convoqué à l’ambassade américaine de Londres pour y subir plusieurs heures d’interrogatoire. Il a dû parcourir un aller-retour d’environ une dizaine d’heures, de sa maison de Poynton au sud de Manchester jusqu’à la capitale anglaise (soit presque autant qu’un Londres-Orlando), pour s’y rendre note The Guardian.

« Il a saboté plusieurs couches »

Car la procédure d’attribution des visas a été suivie un peu trop à la lettre par les membres de l’ambassade. « Ils ne semblaient pas avoir le sens de l’humour« , témoigne Paul Kenyon qui lui a gardé un peu de dérision face à cette situation hallucinante « C’est évident qu’il n’a jamais été engagé dans un génocide ou dans une affaire d’espionnage. Il a saboté plusieurs couches, mais j’ai préféré ne pas en parler à l’ambassade américaine », a-t-il déclaré ironiquement au journal anglais.

Une fois en salle d’interrogatoire, le « bébé terroriste » a été extraordinaire et « n’a pas pleuré une seule fois », raconte Paul Kenyon qui peine encore à croire de ce que lui et surtout son petit-fils ont subi. « Je n’arrive pas à croire qu’ils n’ont pas compris que c’était une erreur et qu’un bébé de 3 mois était incapable de nuire ». Ajoutant: « Si vous êtes un terroriste, je pense que vous ne cochez pas cette case sur le formulaire ESTA. »

Cette mésaventure a, en outre, coûté cher car le bébé et ses parents ont été obligés de prendre un autre vol pour Orlando, le visa n’étant pas arrivé à temps pour le départ. Un changement de planning dont la facture s’élève à 3 500 euros.

Et de conclure: « C’était une erreur très onéreuse, mais j’espérais que l’ambassade des USA réalise qu’il s’agissait d’une simple erreur sans que nous devions passer par tout ça « .

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