Combien de personnes naissent en moyenne le même jour que vous ? (infographie)

Eglantine Nyssen
Eglantine Nyssen Journaliste au Vif

Selon les chiffres de Statbel sortis ce jeudi, près de 118.000 bébés sont nés en 2021. Soit 3,7% de plus (4000 nouveaux nés) qu’en 2020. La répartition entre les jours de l’année n’est pas vraiment équitable. Analyse.

Avez-vous déjà entendu la rumeur selon laquelle il y aurait un boom de naissances neuf mois après le 1er janvier ? Elle n’est pas totalement fausse. Le mois de septembre est, après celui de juillet, le mois où l’on comptabilise le plus de naissances en Belgique: 339 en moyenne par jour. Sur les 117.914 nouveaux nés en Belgique en 2021, il doit donc bien avoir quelques bébés Nouvel An. Mais combien ? Le Vif a analysé le nombre de naissance par jour en moyenne depuis 30 ans (entre 1992 et 2020). Voici ce qu’il en ressort.

Combien de personnes naissent le même jour que vous ? La suite de l’article après l’infographie.

En septembre, ce n’est pas le 1er mais bien la date du 15 où les naissances sont les plus nombreuses. C’est d’ailleurs le jour où il y a en moyenne le plus de naissance de toute l’année (359 pour être précis). A croire qu’ils aiment bien rester encore un peu au chaud, ces fameux bébés du Nouvel an.

A l’opposé, le jour de Noël. Seuls 198 bébés naissent en moyenne le 25 décembre. Et ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas faire concurrence à Jésus. Plutôt parce que peu d’interventions sont programmées ce jour-là. Elles sont anticipées ou retardées. Comme globalement, tous les autres jours fériés. Après le 25 décembre, on retrouve le 1er janvier, le 1er novembre, le 11 novembre, le 15 août ou encore le 21 juillet parmi les jours avec le moins de naissances.

Combien de personnes naissent le même jour que vous ? Une question loin d’être anodine

Autre constat, peu visible sur notre infographie étant donné le nombre d’années calculées, mais avancé par Sylvie Anzalone, porte-parole de l’ONE: « Toutes les naissances programmées vont aussi être moins l’être le week-end. Quand on provoque l’accouchement on va davantage le faire en semaine. Il y a plus d’équipes, les hôpitaux sont aussi mieux fournis. »

Ces conclusions en disent long sur notre societé, selon la professeure Elodie Razy de l’ULiège. « Les jours fériés par nature sont peu propices dans les institutions médicales. Et ce n’est pas anodin. Le fait qu’il y ait moins de naissances les jours fériés dit quelque chose sur notre société marquée par une volonté de maîtrise du temps, de la vie, de la naissance. On voit une évolution, en Europe notamment, dans la programmation des accouchements (provocation ou accélération du travail ; césariennes « de confort »)) qui est de plus en plus fréquente. Cet acte, qui est éminemment biologique de prime abord, est travaillé dans nos sociétés pour répondre à des contraintes parfois individuelles, de confort des obstétriciens ou des mères qui accouchent, et souvent économiques, comme limiter le personnel, mieux organiser les horaires, le travail, les structures. C’est aussi une question politique, parce que ce sont les politiques publiques qui définissent les budgets. Et des économies drastiques sont prescrites dans le domaine de la santé. »

Selon l’experte, cette question renvoie plus globalement à la surmédicalisation de la naissance et de la conception. « La procréation médicalement assistée est de plus en plus répandue dans nos sociétés. Et dans ce processus, on connaît la date exacte de la conception de l’enfant. Concernant les césariennes, le caractère de plus en plus procédurier du rapport à la santé, avec les menaces de procès en cas de problèmes, peut avoir comme effet pervers de provoquer d’avantages de césariennes par exemple. On veut éviter les accidents, prendre le moins de risques possible, et certains médecins se protègent. Et de nouveau ici, la césarienne permet de programmer la naissance. »

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