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La mer du Nord devrait bientôt compter plus de soles

Avec le réchauffement climatique, le nombre de larves de soles en mer du Nord qui atteignent les zones côtières, là où celles-ci grandissent, va augmenter, prédit une étude menée par des chercheurs de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) et de la KU Leuven.

Cependant, il y aura de fortes disparités locales: les larves dériveront moins vers la Belgique, et plus vers les Pays-Bas.

La sole commune est un poisson plat à haute valeur économique, puisqu’elle représente jusqu’à 40% du profit annuel des pêcheries belges. Pour gérer durablement les stocks de cette espèce, les chercheurs ont étudié l’impact du changement climatique sur la dispersion de ses larves en mer du Nord.

Ils ont développé un modèle basé sur cinq scénarios inspirés des projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Les résultats montrent qu’un réchauffement de l’eau de 2°C d’ici à 2040 pourrait induire un avancement de la période de ponte de 42 jours en moyenne et, subséquemment, une réduction de 9% de la température moyenne ressentie par les larves par rapport à la situation actuelle.

« Cela aurait pour conséquence un allongement moyen de la durée de vie larvaire (+22%) et de la distance parcourue par les larves (+70%) qui dérivent au gré des courants marins », explique Geneviève Lacroix, auteure principale de cette étude, dans un communiqué de l’IRSNB diffusé ce lundi.

Après la période de reproduction, les oeufs et larves de soles dérivent en effet avec les courants marins jusqu’à atteindre les nourriceries, des zones côtières sablo-vaseuses de moins de 20 mètres de profondeur, où les jeunes poissons peuvent grandir.

D’après l’étude, le nombre de larves qui arriveront dans les nourriceries sera plus élevé (+9%), mais avec de fortes disparités. « Pour les nourriceries belges, une réduction de 58% est attendue, tandis que le modèle prédit une augmentation de 36% du nombre de larves de soles qui s’établiraient dans les nourriceries hollandaises », résume l’IRSNB.

Cette étude a été publiée la semaine dernière dans la revue internationale Global Change Biology. Elle ne concerne que les larves et doit encore être élargie aux soles adultes ainsi qu’aux autres espèces qui interagissent avec les soles.

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