Thermometer in front of cars and traffic during heatwave in Montreal.

Il fait parfois 5°C de plus à Bruxelles qu’en périphérie

Stagiaire Le Vif

À Bruxelles, les thermomètres ont indiqué 28°C ce mercredi. En soirée, on peut observer une différence allant jusqu’à 5°C entre les températures du centre-ville et de la périphérie. La raison ? La bétonisation.

Parfois, des différences importantes de températures sont observées entre une agglomération et les zones avoisinantes. Ce phénomène porte le nom d’îlot de chaleur urbain. Il est la conséquence de l’activité humaine : rejets de chaleur liés aux activités industrielles, à la circulation routière, à l’éclairage de l’espace public ou encore à la climatisation. Mais il est avant tout favorisé par la minéralisation des villes : le béton, l’asphalte et le bitume emmagasinent la chaleur pendant la journée et la diffusent le soir, alors que l’air s’adoucit.

L’effet d’îlot de chaleur urbain a des conséquences néfastes sur la santé humaine : en plus de perturber le sommeil, les fortes chaleurs persistant la nuit favorisent les risques d’insuffisance respiratoire et de maladies cardiovasculaires.

Quelles solutions ?

Une étude commandée par Bruxelles Environnement en 2020 et réalisée par le « Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek » (VITO) a établi une cartographie des îlots de chaleur dans la Région de Bruxelles-Capitale. Elle révèle que la présence d’arbres densément feuillus, idéalement en combinaison avec des espaces bleus (étangs, fontaines, cours d’eau, etc.), constitue les conditions les plus efficaces pour faire baisser la température.

Les îlots de chaleur se concentrent donc dans le centre-ville puisque les espaces verts s’y font plus rares. Au micro de la RTBF, Julien Ruelle, le chef du service Développement Nature de Bruxelles Environnement, affirme qu’il lui semble impossible d’envisager la confection de nouveaux parcs de grandes dimensions dans le centre de la capitale. Mais Bruxelles Environnement a des alternatives : « Nous comptons multiplier les pocket parks, c’est-à-dire des petits aménagements dans des intérieurs d’îlots ou dans des coins de rue. Ces petits parcs facilement accessibles à la population vont améliorer le cadre de vie et rafraîchir localement l’atmosphère. »

Pour ce faire, Bruxelles Environnement se concentre dans un premier temps sur les cours d’écoles. L’administration bruxelloise a lancé en 2021 l’opération « Ré-création », qui a pour objectif de végétaliser une vingtaine de cours d’écoles bruxelloises.

En ce mois de mai 2022, les vingt projets sont encore au stade de la conceptualisation – réalisée en concertation avec les élèves concernés. Bruxelles Environnement a prévu de terminer tous les travaux au cours des années 2023 et 2024.

Bien-sûr, les pouvoirs publics ne se contentent pas de cette opération pour rendre la capitale plus habitable ; elle est en complément d’autres projets, comme Max-sur-Zenne, un projet de rénovation du parc Maximilien avec comme nouvelle colonne vertébrale la mise à ciel ouvert de la Senne sur 650 mètres. Ces travaux commenceront à la mi-2023 et devraient s’achever en 2025.

Il y a quelques semaines, Bruxelles Environnement a également mis 224 m² de radeaux végétalisés dans le Canal de Bruxelles dans le but d’y favoriser la biodiversité. Fabriqués en fibre de coco et recouverts de quinze plantes différentes, ceux-ci devraient s’égrainer et verdir les berges du canal. Ce projet est en phase de test. S’il s’avère concluant, d’autres radeaux d’une superficie totale de 440 m² seront ajoutés l’année prochaine.

Bruxelles panse des plaies, mais se blesse encore

Si on compte de nombreuses actions menées pour remettre des espaces verts et bleus dans la capitale, il y a encore des projets de constructions pour continuer à en bétonner d’autres endroits jusque-là épargnés. En septembre 2022, l’ASBL Bruxelles Nature énumérait nombreux projets immobiliers qui représentaient des menaces pour la forêt de Soignes, véritable poumon de la région.

Les autorités doivent donc réaliser un vrai numéro de funambule ; elles font face à une crise du logement sans précédent. Difficile donc de refuser d’accorder un permis de bâtir des logements sociaux sous prétexte que ceux-ci contribueront à l’effet d’îlot de chaleur. Des mesures ont été mises en place pour limiter la casse, comme l’imposition d’une toiture verte lorsque celle-ci dépasse 200 m² de superficie. À voir si celles-ci seront suffisantes.

Victor Broisson

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