Nicolas De Decker

Alexander De Croo, le Premier ministre, est tout nu

Nicolas De Decker Journaliste au Vif

C’est la fin de l’année 2022 et Alexander De Croo, le Premier ministre, est tout nu.

Il a perdu toute protection textile dès le début de cet hiver, l’avant-dernier avant les élections.

Il n’a plus son beau costume bleu, il s’est envolé, il n’a plus sa petite cravate grise, il a perdu ses chaussettes et comme la N-VA lui a arraché son petit caleçon, il est tout nu dans l’hiver flamand et le vent qui souffle, si fort que quand personne dans sa majorité ne le critique, le vent flamand y voit la preuve que personne ne le soutient.

Elle est envolée son aura, il a perdu son influence, Alexander De Croo est tout nu.

Plus rien de ce qu’Alexander De Croo dit aujourd’hui ne peut être retenu autrement que contre lui.

Au moment où il forçait la secrétaire d’Etat au Budget, Eva De Bleeker, à la démission, Alexander De Croo lui reprochait de ne pas avoir intégré au Budget un dispositif, il est vrai, fictionnel: la baisse de la TVA sur l’électricité à 6% devait, demandait-il, n’être comptabilisée que pour le premier trimestre de 2023. Les tableaux livrés par Eva De Bleeker la comptabilisaient pour toute l’année.

Elle n’avait pas fait ce que le Premier ministre encore habillé dans ses vêtements de Premier ministre lui avait dit de faire, et elle a dû démissionner.

Alexander De Croo, à l’époque, avait fait montrer des messages WhatsApp dans lesquels un de ses collaborateurs disait à un des collaborateurs d’Eva De Bleeker de ne pas oublier de ne comptabiliser la baisse de la TVA que sur un seul trimestre plutôt que sur toute l’année.

Mais la semaine dernière, Alexander De Croo, dont la cravate violette commençait à se détacher, a été accusé de ne pas avoir dit la vérité par la N-VA, puis par les journaux flamands, puis par tous les partis de l’opposition.

Tous ont montré pour le prouver des éléments matériels confondants.

Des preuves en Thermolactyl bien chaud: précisément les mêmes messages WhatsApp, en disant qu’ils prouvaient que le collaborateur d’ Alexander De Croo était d’accord avec celui d’Eva De Bleeker pour comptabiliser la baisse de la TVA sur toute l’année plutôt que sur un seul trimestre.

Alors Alexander De Croo, dont on commençait à voir un bout des fesses, a crié qu’il avait dit la vérité et, pour le prouver, il a montré des apostilles sur les notifications budgétaires, ou plusieurs fois ses collaborateurs avaient écrit à ceux d’Eva De Bleeker de ne pas oublier de ne comptabiliser la baisse de la TVA que sur un seul trimestre plutôt que sur toute l’année.

Et c’est là que la N-VA puis les journaux flamands et puis tous les partis de l’opposition ont accusé Alexander De Croo, dont le slip se fendait, d’avoir encore plus menti.

Tous ont montré pour le prouver des éléments matériels confondants.

Des preuves en Gore-Tex bien résistant: précisément les mêmes apostilles sur les notifications budgétaires, en disant qu’elles prouvaient que les collaborateurs d’Alexander De Croo étaient d’accord avec les collaborateurs d’Eva De Bleeker pour comptabiliser la baisse de la TVA sur toute l’année plutôt que sur un seul trimestre, et alors, là, c’était la preuve absolue. C’était…

Ce

Qu’il

Fallait

Démontrer.

Pas qu’Alexander De Croo n’avait pas dit la vérité à ce moment précis, non, mais bien qu’il était désormais à poil pour toujours, et que c’était la seule vérité matérielle à encore avoir de l’importance.

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