Une prison placée sous haute sécurité

Lieu de détention de Marc Dutroux, ce sont surtout ses problèmes de sécurité et les grèves à répétition de son personnel qui ont attiré l’attention. Après de longues négociations avec le SPF justice, de nouveaux aménagements sécuritaires vont être déployés dès décembre.

Surpopulation carcérale, manque de personnel, émeutes, évasions… Les échos au sujet de la prison nivelloise sont nombreux depuis quelques années. Dernier événement marquant en date : des dizaines de jets de projectiles dans l’enceinte de la prison. Ces parachutages auraient été facilités par le chantier RER voisin, dans le cadre de la construction d’un parking à étages en surplomb d’un des murs d’enceinte. GSM, armes, stupéfiants, alcool…, autant d’objets interdits qui se sont retrouvés dans l’enceinte du bâtiment grâce à l’aide de complices extérieurs. Une situation potentiellement dangereuse.

En décembre 2011, le bourgmestre Pierre Huart (MR) a écrit à la ministre de la Justice pour évoquer les problèmes sécuritaires posés par la prison, tant pour le personnel que pour les habitants du quartier. En mai dernier, Annemie Turtelboom s’est rendue sur place. Un plan anti-largage a été mis sur les rails, impliquant tous les acteurs concernés, dont la SNCB et Infrabel. Ce dernier compte notamment surélever le mur de façade du parking RER incriminé.

 » Dès le premier trimestre 2013, ce mur de 3,5 mètres va être rehaussé à l’aide d’un filet pour atteindre près de 6 mètres de haut, explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Un autre filet sera fixé sur le mur qui surplombe le parking du personnel.  » Du côté de la maison d’arrêt, des filets anti-jets sont également dans les cartons. Mais motus et bouche cousue.  » Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas parler des dispositifs présents ou à venir « , rétorque Laurent Sempot, porte-parole de l’administration pénitentiaire.

La police locale et le corps d’intervention de la police fédérale (CIK) apportent aussi leur pierre à l’édifice en effectuant des rondes supplémentaires autour de la prison après chaque service. Et divers aménagements sont en cours pour les pompiers.

Manque d’agents pénitentiaires

Comme bien d’autres prisons belges, le manque d’effectif est une autre difficulté majeure que rencontre la prison nivelloise depuis une dizaine d’années. Le bâtiment accueille 235 détenus pour seulement 202 places prévues, 15 agents y exercent alors qu’il en faudrait au minimum 22. Résultat : les grèves sans préavis s’enchaînent, au grand déplaisir de Pascal Neyman, chef de corps de la zone de police Nivelles-Genappe.

 » Les grèves des agents pénitentiaires sont devenues de plus en plus fréquentes et inopinées. En plus des transferts au palais de justice et des tenues de procès, six policiers de notre zone – s’ajoutant aux six fournis pas le fédéral – viennent en renfort à la prison alors qu’ils n’ont pas été formés à cela, qu’ils sont détournés de leur mission de terrain et que c’est au fédéral de gérer ces mobilisations. C’est une aberration.  » La zone de police a tiré la sonnette d’alarme en mai à l’intention des ministres de la Justice et de l’Intérieur.  » On ne nous donne ni les fonds ni le personnel nécessaires pour mener à bien nos différentes missions. « 

La création d’une réserve en personnel au niveau fédéral ou la possibilité de solliciter l’armée ont, entre autres, été suggérées. A l’heure actuelle, la missive n’a encore reçu aucune réponse concrète.

ANNABELLE DUAUT

La zone de police a tiré la sonnette d’alarme en mai à l’intention des ministres de la Justice et de l’Intérieur

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Partner Content