Une note salée

La crise immobilière a, aussi, coûté très cher aux investisseurs belges.

En Belgique aussi, la crise des crédits immobiliers américains a eu des conséquences. Certes, grâce à une législation protectrice des consommateurs, nous n’avons pas connu, comme aux Etats-Unis, un effondrement du marché de l’immobilier, ni de graves défauts de paiement parmi les emprunteurs hypothécaires. Par contre, en raison de la mondialisation économique, le tissu financier belge a souffert de la crise des subprimes, du nom de ces obligations adossées à des créances hypothécaires douteuses aux Etats-Unis. Comme beaucoup de groupes financiers, des banques belges avaient, elles aussi, acquis un certain nombre de ces titres de mauvaise qualité. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, en l’absence d’acquéreurs sur le marché, ces actifs n’ont plus aucune valeur d’échange ! Pourtant, ces obligations sont adossées à des créances qui seront en principe remboursées un jour : elles gardent donc une valeur réelle. Mais laquelle ? Les banques ont tenté de la déterminer, mais en actant des dépréciations parfois importantes en raison du risque de défaut de paiement de certains débiteurs. Concrètement, chez Fortis, l’impact de ces dépréciations sur le bénéfice net s’élève à 1,5 milliard d’euros en 2007. Dexia a, quant à elle, vu sa filiale FSA, spécialisée dans la garantie des titres adossés à des créances aux Etats-Unis, acter des dépréciations à hauteur de 461 millions d’euros. Mais FSA est l’un des rares acteurs à s’être bien tirés de la crise aux Etats-Unis et devrait en profiter à l’avenir. Les effets de la crise sur la KBC sont négligeables : le groupe a dû provisionner 70 millions d’euros, à comparer avec un bénéfice de… plus de 3 milliards d’euros. Enfin, ING Belgique affirme que la crise des subprimes a eu un effet nul sur ses chiffres de 2007. En tout, les banques belges ont donc perdu un peu plus de 2 milliards d’euros à cause de la crise financière. Voilà ce qu’il en est du bilan comptable.

Mais on peut aussi considérer que la crise a fait perdre énormément d’argent aux groupes financiers belges sur le plan de leur valorisation boursière. Avant l’été, l’action Fortis valait quelque 30 euros. Aujourd’hui, elle se traite à 15 euros en Bourse. Il est vrai que l’augmentation de capital survenue en septembre a mathématique- ment amputé le cours de Fortis d’environ 5 euros. Mais même en tenant compte de ce paramètre, la chute du titre est vertigineuse. Elle ne l’est pas moins pour l’action Dexia, dont la valeur a chuté de 24 euros à 16 euros entre l’été 2007 et aujourd’hui. Dans le même laps de temps, le cours de la KBC a dégringolé de 100 euros à… 80 euros. ING Belgique est une filiale d’ING, groupe néerlandais dont l’action valait plus de 30 euros en Bourse d’Amsterdam avant la crise et s’échange actuellement à un peu plus de 20 euros. Si, avant la crise financière, un particulier avait investi un millier d’euros équitablement répartis entre les quatre actions, il n’en récupérerait aujourd’hui que 700 euros.

Philippe Galloy

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