Un temps de chiens

Le marché des animaux de compagnie est en plein essor. Assurance, psy ou prothèse, pour ces chers toutous, tout devient possible.

On connaissait les niches en bois d’acajou, les laisses Dior, les écuelles Gucci, les manteaux en cachemire Ralph Lauren ou les spas, dernier snobisme new-yorkais… Voilà que le meilleur ami de l’homme a aussi son magazine à succès, Dogs. Un trimestriel dont la version originale, allemande, fait un tabac outre-Rhin.

Chaque année, les Belges dépensent plus d’argent pour leurs animaux de compagnie, notamment dans le secteur des  » services  » (garderie, dressage, check-up médicaux…) dont le chiffre d’affaires est en pleine progression. Même phénomène du côté des aliments : dans les grandes surfaces, leur rayon dépasse désormais celui des barres chocolatées.

L’exemple vient des Etats-Unis, un pays où, d’après l’hebdomadaire Business Week, le marché  » animaux de compagnie  » dépasserait, avec 329 milliards d’euros, celui des biens culturels. L’Europe commence à suivre la même voie, avec l’arrivée de pratiques paramédicales que l’on croyait réservées à une poignée d’excentriques : la balnéothérapie, la zoopsychiatrie, l’étude du comportement…

Les dernières tendances ? Les contrats d’assurance. Pour l’instant, seuls une petite partie des chiens et chats belges sont assurés (contre 77 % au Danemark, 79 % en Suède, plus de 73 % aux Etats-Unis), mais leur nombre ne cesse de croître. Une bonne vingtaine de compagnies proposent ainsi des contrats spécifiques.

Mais c’est en matière de médecine que l’évolution est la plus spectaculaire. Neurochirurgie, arthroscopie, endoscopie, microchirurgie… Quelques cliniques vétérinaires du Vieux Continent proposent à une clientèle encore restreinte (vu le prix des interventions…) des soins jusqu’ici réservés à l’humain. Sur les billards de ces cliniques high-tech, on parle non plus d’animaux mais de  » patients « . Là où le chien en fin de vie était hier condamné à l’euthanasie, on déploie aujourd’hui tout l’arsenal de la chirurgie lourde pour le sauver : pose de prothèses de hanche, ablation de tumeurs du cerveau, chirurgie dentaire et faciale, reconstruction cutanée…

Implants testiculaires à prix d’or

 » La médecine vétérinaire a changé d’ère « , confirme l’un de ces praticiens européens de renom, Jean-François Bardet, le pre- mier en France à s’être doté d’un scanner pour sa clientèle canine et féline. Que ne ferait-on ? Aux Etats-Unis, des maîtres fortunés ont même offert à leurs dogues des implants testiculaires, posés à prix d’or, afin de leur redonner force et virilité. D’ici à ce que la chirurgie esthétique fasse d’un pauvre corniaud un chien de race…

Renaud Revel

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