Un temple de l’image pour Bruxelles

Après le départ du Théâtre national, le Palace sera dédié au cinéma. Quatre projets sont en compétition auprès de la Communauté française

Avec son nom impossible à retenir, le Kladaradatsch, redevenu plus sobrement le Palace, abrite, pour quelques mois encore, le Théâtre national au c£ur de Bruxelles. Mais, dès que celui-ci se sera installé dans ses nouveaux murs, l’ancien complexe cinématographique du boulevard Anspach, propriété de la Communauté française, reviendra à ses premières amours : l’image. Avec quelle vocation précise ? Sous la férule de quels acteurs culturels ? Quatre projets sont en lice pour une compétition qui se joue dans un mouchoir de poche, sur fond d’intérêts économiques et d’inévitables influences politiques.

En décembre dernier, le gouvernement décidait de lancer un appel à projets. Le cahier des charges û laconique, il tient en… 19 lignes û exigeait que le lieu mette en valeur la création et le patrimoine audiovisuel de la Communauté française, de l’Europe et de la francophonie ; qu’il touche de larges publics ; qu’il vise une dimension éducative et qu’il soit complémentaire des salles d’art et d’essai, de la cinémathèque et des écoles de cinéma.

Une commission (représentants des ministres et professionnels) a retenu quatre projets. Tous prévoient des animations, des événements et une insertion dans la vie du quartier. Mais les accents n’en demeurent pas moins différents. Ainsi, le projet du distributeur Cinélibre/Cinéart, associé ici notamment aux frères Dardenne et au producteur Patrick Quinet, insiste sur une programmation de films  » art et essai « , avec un souci  » déterminant  » de rentabilité. Un autre (Rudy Barnet, Henri Roanne, Jacques Laurent) joue surtout la carte de la production indépendante et d’une organisation comparable à une maison de la culture. Le projet du distributeur Christian Thomas (ex-délégué général du Festival du film de Bruxelles) et du producteur Hubert Toint et consorts privilégie la relation avec le public, loin du ghetto culturel et des exigences commerciales. Enfin, Thierry Abel (exploitant de l’Arenberg) met l’accent sur le film documentaire belge et sur la vocation pédagogique du lieu.

Le 8 février, la commission remettra au gouvernement ses appréciations, puis les candidats pourront développer leur projet. Le 15 mars, les évaluations finales seront remises au gouvernement qui tranchera. Bruxelles pourrait avoir son  » temple de l’image  » dès 2007.

J.F.Dt.

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