Un point be, c’est tout !

Ne dites pas non : vous avez forcément vu les publicités placardées, ces derniers jours, à tous les coins de rue. Celles où une banque originaire d’outre-Rhin nous annonce que, si nous voulons rapatrier nos sousous qui dorment à l’étranger, c’est le moment, c’est l’instant. Et, histoire de donner plus de poids à son affirmation, ladite banque ajoute l’adresse du site Internet où elle va tenter de vous convaincre que, une fois votre argent rapporté en Belgique, vous devez le mettre sur un compte à elle. L’adresse du site ? www.amnistiefiscale.be. Difficile de faire plus simple, non ?

Evidemment, certains ne manqueront pas de s’interroger :  » Un tel nom de site n’aurait-il pas plutôt dû aller au ministère des Finances pour y héberger des pages d’information ? » Certes, mais c’est oublier que, en général, sur l’Internet, c’est le premier venu qui se sert. Or, le 10 septembre 2003, quand ladite banque a réservé ledit nom, personne, au cabinet Reynders, n’avait songé à l’enregistrer. On imagine la tête réjouie du banquier découvrant que, pour quelques dizaines d’euros, il allait se payer à la fois la tête de Reynders et un nom de domaine qui allait attirer un monde fou. Plus fort : à l’intention des distraits et des mauvais en orthographe, le banquier a aussi acheté www.amnestiefiscale.be. Et on suppose que, quand le même est revenu, plus d’un mois plus tard, et a constaté que www.dlu.be était encore libre, les bouchons de champagne ont dû sauter entre la salle des coffres et les guichets… Si ça se trouve, les banquiers, sur leur lancée, ont aussi voulu prendre www.reynders.be et www.didierreynders.be. Mais, pas de chance, le premier appartient à une firme de Houthalen et le second a été enregistré par un employé du cabinet des Finances le 20 décembre 2000 (sans doute pour faire un cadeau de Noël à son ministre).

Reste une question : que vont faire les banques concurrentes, celles qui sont arrivées trop tard pour avoir les noms de sites les plus faciles à retenir ? Elles peuvent un peu tricher, et proposer www.amnistiefiscale.lu ( » lu  » désignant le Luxembourg) : apparemment, cette adresse est encore disponible. Mais il faut vraiment avoir envie.

Sinon www.aurevoirluxembourg.be n’est pas encore pris. Pas plus que www.fraudefiscale.be, une adresse, il est vrai, relativement peu engageante. Ou que www.amnesiefiscale.be, pour ceux que ce genre de jeu de mots douteux amuse…

Cette histoire illustre à merveille un fait quelque peu sous-estimé : pour avoir un nom de site qui colle à un événement, il vaut mieux s’y prendre à temps. Vous rêvez de créer www.roiphilippe.be pour le jour où le fils aîné d’Albert accédera au trône ? Oubliez ça : acheté le 25 septembre 2002 par un habitant de Belsele (qui a fait aussi main basse sur www.koningfilip.be par la même occasion). Vous voyez plus loin et pensez au jour où sa fille, la jeune Elisabeth, lui succédera ? Trop tard : www.reineelisabeth.be a été enregistré le 28 octobre 2001, exactement trois jours après la naissance princière.

Bonne nouvelle, cependant : il y a quelques jours, www.laurentpapa.be était encore libre. Mais peut-être plus pour très longtemps.

Marc Oschinsky

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