Un choix limité

La reprise économique en Europe ne se manifeste pas aussi clairement qu’aux Etats-Unis ou au Japon, et des zones d’ombre subsistent quant à la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Va-t-elle oui ou non profiter de la maîtrise de l’inflation pour procéder à une baisse des taux, susceptible de relancer l’économie et de contrer la cherté de l’euro ? Suspense… L’investisseur particulier, lui, ne peut que s’interroger une fois de plus sur la manière la plus adéquate de placer ses économies. La question n’est pas vaine : face au chômage élevé et à l’incertitude quant à l’avenir des pensions, les consommateurs européens restent sur la défensive. Bilan : les liquidités ne manquent pas, car le taux d’épargne des ménages reste important un peu partout dans la zone euro. Or le prix du loyer de l’argent est déjà à un niveau très bas. Que faire ?

Placements à taux fixe

l Pour les placements à court terme, de quelques semaines à 2 ou 3 ans au maximum, les comptes d’épargne restent les plus indiqués. De fait, l’argent est disponible à tout moment (mais, en contrepartie, les taux peuvent varier à tout moment). Vous bénéficiez d’un taux de base, calculé au prorata de la durée du placement, agrémenté, le cas échéant, d’une prime d’accroissement ou de fidélité. Attention, les conditions d’octroi des primes û dates valeur, durée pendant laquelle l’argent doit rester en compte, etc. û varient d’une banque à l’autre tant et si bien qu’il est très difficile de comparer les offres entre elles.

Pour bien choisir ? Privilégiez, à conditions égales, les banques offrant un taux de base élevé. Préférez par exemple un  » 3 % + 0,50 %  » û comprenez un taux de base de 3 % plus une prime d’accroissement ou de fidélité de 0,50 % û à un  » 1,50 % + 2 % « . Lorsqu’on additionne les deux taux, la rémunération est, certes, identique. Mais si vous ne deviez pas remplir les conditions pour obtenir la prime, vous devriez alors vous contenter du taux de base. Or 3 % valent mieux que 1,50 %. Privilégiez ensuite les banques dont les règles d’octroi des primes sont souples. Celles qui par exemple prolongent, sans conditions supplémentaires, l’octroi de la prime d’accroissement au-delà de six mois. C’est le cas, entre autres, de Cortal Consors, DHB Bank, Finansbank et Rabobank. En cas de doute, n’hésitez jamais à demander le règlement du livret ou à prendre conseil auprès de votre banquier.

l Les taux obligataires ont peu varié, le rendement de l’emprunt d’Etat belge à dix ans oscillant entre 4,20 % et 4,40 %. Les conditions des bons de caisse sont restées stables aussi. A cinq ans, la banque la plus généreuse offre un rendement brut de 3,50 %, soit un rendement net, compte tenu du précompte mobilier et des taxes, de 2,84 %. Un rendement faible qui n’intéressera que ceux qui recherchent à tout prix un rendement fixe et un placement anonyme. Les bons d’assurance, mais ils sont nominatifs, offrent généralement un peu plus.

Les assureurs proposent aussi des produits d’assurance-épargne, appartenant à la famille des produits de la branche 21. Vous bénéficiez d’un taux garanti (généralement compris entre 2,75 et 3,75 %) et d’un bonus, facultatif et variable d’une année à l’autre. En 2003, les meilleurs rendements se situaient au-delà de 5 %. Le rendement total pour 2004 n’est pas encore connu. En effet, le montant du bonus redistribué dépend de la performance des placements, essentiellement obligataires, effectués par les assureurs. Il est toutefois peu probable que les assurances épargne continuent d’afficher des rendements aussi élevés que par le passé. Compte tenu de leur structure, elles sont aussi confrontées à la faiblesse des taux sur les marchés obligataires. Leur rendement devrait donc se situer au cours des prochaines années entre 4 et 5 %. Le conseil de Budget Hebdo : si un taux garanti élevé constitue un atout, il faut veiller aussi à ce que les conditions d’octroi du bonus soient suffisamment souples et que les frais ne soient pas trop élevés.

En Bourse

Pas de folie carnavalesque ou autre en Bourse en février. Les investisseurs semblent, ces dernières semaines, être revenus à la raison. Les évolutions macroéconomiques ont pris le pas sur les communiqués de résultats. Or, si la reprise économique n’est pas remise en cause, elle a marqué le pas en janvier et a un peu déçu les marchés financiers.

Résultat, le bilan boursier de février, bien que positif, présente pas mal de disparités.

En Europe, ce sont les Bourses de Bruxelles, Londres et Lisbonne qui ont le plus progressé. Bien que restant toujours les moins chères en Europe, elles ne peuvent plus être qualifiées de franchement bon marché.

Les résultats des sociétés belges publiés jusqu’à présent ont plutôt réservé de bonnes surprises. Ce fut certainement le cas de Mobistar, mais également de CMB, Solvay, UCB, Brantano (moins mauvais que prévu), EVS et Brederode.

Bruxelles, tout comme Lisbonne, a par ailleurs bénéficié de la bonne tenue de ses valeurs bancaires. L’événement du mois de mars sera cependant l’introduction en Bourse de Belgacom. Annoncée depuis des années, des fuites dans la presse ont finalement fait apparaître que l’opération était imminente ! La souscription pour les particuliers devrait démarrer le 15 mars. Encore un des nombreux exemples de manque de transparence…

La Bourse de Francfort, de son côté, a souffert du fait que les données économiques indiquent toujours une reprise difficile outre-Rhin. En particulier, alors que le chômage reste élevé et la consommation privée faiblarde, les derniers chiffres sur les exportations, censées être le moteur de la reprise dans la plus grande économie de l’Union européenne, se sont avérés contre toute attente fort décevants. L’économie allemande semble donc rester dans l’impasse, ce qui freine la Bourse de Francfort, laquelle a cependant gagné un bon 50 % en un an. A noter que, sur un an, seules les Bourses de Bruxelles, d’Athènes et de Stockholm ont fait mieux. A titre de comparaison, les actions chinoises, qui font tant parler d’elles, ont en moyenne progressé de 66 %, réduits à 44 % après conversion en euro.

Les Bourses américaines ont, quant à elles, subi des prises de bénéfices, en particulier dans les secteurs technologiques. Les consommateurs américains semblent en effet tout doucement se départir de leur bel optimisme. Les créations d’emplois restent trop limitées et les indices de confiance des consommateurs, piliers de la vigueur de l’économie américaine, se replient quelque peu.

Après les hausses spectaculaires enregistrées ces derniers mois, les valeurs technologiques ont repris leur souffle. Le Nasdaq a ainsi reculé de 1,8 % en février.

Ce sont en effet cette fois les secteurs plus défensifs qui ont été prisés : le secteur alimentaire, la distribution et les  » utilities  » (services d’utilité publique, tels que l’électricité).

D’autres ont cependant connu pas mal de remous. Les diverses tentatives de fusions/acquisitions (Comcast/Disney, Sanofi/Aventis, Vodafone/AT&T Wireless) ont en effet relancé la spéculation dans les secteurs concernés, mais temporairement seulement. Ce qui semble en tout cas se dégager de ces tentatives, c’est que les sociétés regardent à nouveau vers l’avenir et vers de nouveaux relais de croissance, dans un contexte où globalisation et concurrence exacerbée pèsent sur le potentiel de croissance du chiffre d’affaires et du bénéfice des entreprises. Si une recrudescence des opérations de fusions, mises au frigo en période de vaches maigres, est probable, il ne faut pas se jeter tous azimuts sur les sociétés  » opéables « . Les réglementations antitrust sont en effet de plus en plus strictes, et ce genre d’opérations ne crée de la valeur pour l’actionnaire minoritaire que dans un nombre limité de cas, essentiellement dans le cas d’offres hostiles…

Budget Hebdo

Après les hausses spectaculaires de ces derniers mois, les valeurs technologiques reprennent leur souffle

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