Ice Watch d'Olafur Eliasson, oeuvre écolo ou opportuniste ? © belgaimage

Un art écologique ?

Création artistique et militantisme vert peuvent-ils converger ? Rien de moins sûr…

A l’heure des scénarios catastrophes climatiques déroulés à longueur de réseaux sociaux et de la raréfaction des ressources présentée comme une fatalité par les médias, nombreux sont les citoyens à prendre le relais des pouvoirs publics – quand il ne s’agit pas de confronter ces derniers à leurs contradictions. Face à cette mobilisation massive, il s’avère impossible pour les artistes de ne pas prendre position. Dans un brillant essai paru cette année (1), l’historien de l’art français Paul Ardenne s’est employé à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Depuis que le mot  » anthropocène  » a surgi sous la plume du météorologue Paul Josef Crutzen, associé au biologiste Eugene F. Stoermer, on ne compte plus les plasticiens engagés pour la préservation de l’environnement. Encore faut-il distinguer la posture opportuniste du véritable contenu artistique. Quand, à Paris, face au Panthéon, un Olafur Eliasson dispose Ice Watch, soit douze blocs de glace venus du Groenland agencés comme les heures d’une horloge fondante, on a le droit d’être sceptique… Même sans faire référence à la question du transport de ces masses refroidies. Si art écologique il y a, il ne doit pas, comme le rappelle Ardenne, s’apparenter à « la création mimétique qui s’établit par le biais d’images « . En clair, pas question de donner dans le spectacle facile. En lieu et place, l’auteur du très pertinent essai invite les pratiques à se faire  » contextuelles  » et à viser l’horizon de  » la création documentée de façon concrète.  » Ainsi de Joseph Beuys, qui signa une sculpture monumentale de 7 000 chênes, la première du genre, lors de la Documenta de Kassel en 1982.

(1) Un art écologique – Création plasticienne et anthropocène, éditions La Muette/Le Bord de l’Eau.

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