Tu es le plus beau des bateaux…

Si habiter sur une péniche est devenu tendance, Bart Cobbaert multiplie les contraintes. L’architecte a réussi à imposer une ambiance  » loft  » dans son habitation nomade amarrée à Gand, mais toujours prête à parcourir la Belgique.

« Une maison normale, ce n’était pas pour nous.  » Bart Cobbaert et sa femme, architectes de profession, ne sont pas des adeptes des petites fermettes quatre façades. Plutôt du genre loft ; et encore pas trop classique.  » J’avais pensé habiter dans un avion ; mais ç’aurait été un peu compliqué, plaisante l’architecte, qui dirige le bureau Denc Studio. On s’est rabattu sur la péniche.  » Avec succès, puisque le projet vient d’être récompensé par le premier prix de l’ordre des architectes de Flandre orientale.

A la base, une idée un peu folle, qui germe dans l’esprit de Bart Cobbaert voici cinq ans, lorsqu’il fait l’acquisition d’une péniche. Un ancêtre datant de 1929, acheté 45 000 euros, tous frais compris. Pas de terrain à acheter, pas de permis de bâtir à demander, pas de frais de notaire, pas de droits d’enregistrement… Le rêve ? Pas tout à fait. Le plus dur restait à faire : rafistoler le rafiot et le rendre habitable. Au total, cette rénovation lourde aura atteint 200 000 euros. Commentaire du propriétaire-architecte :  » Construire sur un bateau ne coûte ni plus cher, ni moins cher que sur la terre ferme. Les frais sont simplement répartis différemment. « 

Premier avantage : les travaux ne passent pas par la case  » fondations « . En guise de squelette, quatorze conteneurs en acier sont assemblés sur la péniche. Pour amener suffisamment de lumière dans les pièces de vie, et pour aérer l’ensemble, quatre petits espaces de jardin sont aménagés. Au final, la maison-péniche compte environ 100 mètres carrés habitables. Pour une embarcation affichant 39 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur, difficile de faire mieux dans cet espace tout en longueur.

Qui dit bateau dit aussi autonomie. Le projet a été conçu entièrement pour consommer le moins possible. Un système de récupération et de traitement de l’eau de pluie a été installé. L’isolation du  » bâtiment  » a été particulièrement soignée, pour éviter les déperditions de chaleur. Et la chaleur émise par le moteur de la batterie est récupérée et transformée en électricité. Résultat : la péniche vit en quasi-autonomie pour se déplacer d’un endroit à l’autre. Ce dont le propriétaire, qui a passé son permis de navigation, ne manque pas de profiter.

Bart Cobbaert vit à Gand, tantôt dans le centre, tantôt dans le quartier du port, où il paie un  » loyer  » de 600 euros par an. Mais il lui arrive de camper à Bruges ou en pleine nature. Sans parler des vacances en famille.  » L’an dernier, nous nous sommes baladés en Wallonie, du côté de l’ascenseur à bateaux de Strépy. Un excellent souvenir.  » Ce qui l’a séduit avant tout dans ce projet de maison nomade ?  » La liberté, bien sûr ! « 

www.denc-studio.be

Gilles Quoistiaux

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