Trouver un kot, la galère

Un logement approprié est un des facteurs de réussite de l’étudiant. Mais trouver un kot en bon état, à prix raisonnable et bien situé est une quête difficile.

Le mot  » kot  » est un belgicisme qui vient du néerlandais et qui signifie  » petit abri « ,  » niche « ,  » cabane « . Ces traductions mettent en exergue deux caractéristiques propres aux logements d’étudiants, généralement petits et confortables. Un logement douillet est un élément qui facilite la réussite. Aussi la quête d’un kot nécessite-t-elle une démarche minutieuse.

Définir les besoins

La définition préalable du type de logement le plus approprié peut s’avérer utile : la chambre individuelle avec espace commun, le studio qui offre un espace complet de vie privée ou la chambre chez l’habitant avec lequel on partage certaines pièces. Cette formule récente a été lancée à Bruxelles par l’ASBL  » 1 toit 2 âges « . Elle propose le logement d’un(e) étudiant(e) chez une personne âgée pour un loyer très modéré. En contrepartie, l’étudiant(e) promet une certaine présence ainsi que, dans certains cas, le partage des tâches journalières.

Une fois le choix du type de logement effectué, diverses méthodes de recherche peuvent maximiser les chances : outre la lecture des petites annonces, la promenade dans les quartiers appréciés, le traditionnel bouche-à-oreille, la recherche en ligne ainsi que les services logement des Hautes Ecoles et universités.

Pendant la recherche, il convient d’être attentif à un certain nombre de paramètres : multiplier les visites, considérer la qualité de vie du quartier, rechercher la proximité avec l’établissement scolaire, évaluer l’accessibilité des transports en commun. Cependant, une bonne préparation n’est pas toujours suffisante. Le manque de logements et le coût élevé des loyers sont deux obstacles fréquemment rencontrés.

Une enquête éloquente

L’Assemblée générale des étudiants de Louvain (AGL) et la Fédération des étudiants francophones (FEF) ont réalisé, en 2009, une enquête sur le prix des études et, en particulier, sur le coût du logement à Louvain-la-Neuve. Il en ressort notamment que 47 % des étudiants kotteurs ont eu des difficultés à trouver un logement, que le loyer moyen était de 340 euros par mois dans le privé et de 280 euros par mois dans un logement de l’UCL. Selon cette enquête, une majorité des étudiants juge le coût du logement problématique, avant l’achat du matériel de cours et le minerval.

Ces problèmes sont peu ou prou présents partout en Wallonie. Aussi la FEF a-t-elle réédité en 2010-2011 une campagne de sensibilisation avec, comme objectif,  » la réduction du coût des études supérieures par plus de moyens publics « . Sur l’aspect particulier du logement étudiant, la Fédération des étudiants francophones propose une réforme de la loi sur les baux par l’instauration d’un bail étudiant. Elle argue des spécificités du logement étudiant, durée d’occupation plus courte comparée à celle d’autres locataires, inexpérience de l’étudiant en matière juridique… La FEF réclame aussi la construction de 4 000 nouveaux logements publics étudiants en Région bruxelloise et de 1 000 en Wallonie, principalement sur le site de Louvain-la-Neuve. Enfin, elle prône la suppression de la taxe de résidence secondaire pour les logements étudiants, qui peut atteindre 1000 euros par an.

Les initiatives publiques

Au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur de la Communauté française, Jean-Claude Marcourt, on affirme avoir  » initié, au début de cette année académique, une réflexion dont le but est de dégager des pistes visant à améliorer l’offre de logements à destination des étudiants en Communauté Wallonie-Bruxelles « . Le but est de répondre à  » la pénurie et à la hausse manifeste du montant des loyers « , souligne Nathalie Lafontaine, attachée de presse, qui précise toutefois que  » cette question n’entre pas directement dans les compétences  » du ministre Marcourt. Au cabinet du ministre Jean-Marc Nollet, en charge du Logement à la Région wallonne, on rappelle que la question des baux est encore du ressort du gouvernement fédéral, et plus particulièrement, du ministère de la Justice. Mais, en prévision d’une régionalisation probable de cette matière à la faveur de la nouvelle réforme de l’Etat,  » une étude a d’ores et déjà été commandée pour dresser une radioscopie du parc de logements étudiants  » ; c’est une équipe de l’université de Liège qui la pilote, explique José Cordovil, attaché de presse. Mais, en toute hypothèse, ajoute-t-il, des investissements dans ce secteur ne pourraient s’effectuer qu’à travers des partenariats public-privé.

Le manque de logements et la hausse des loyers sont autant de phénomènes qui peuvent freiner la recherche d’un kot. Pour preuve, elles contribuent à l’amplification du phénomène Tanguy, le prolongement du séjour des jeunes chez leurs parents, ou à un choix d’études dicté plus par l’offre de logements à proximité du lieu de formation que par les aspirations professionnelles. Bref, trouver un kot, c’est souvent la galère.

Par Camille Terseleer Lillo (IHECS)

Les obstacles à la recherche d’un kot amplifient le phénomène Tanguy

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