Trois questions à Alain Deneef, rédacteur en chef de L’Initié de la Bourse

Le Vif/L’Express : Quelles sont vos prévisions concernant l’évolution des Bourses au cours des trimestres à venir ?

Alain Deneef : Les risques et facteurs baissiers sont nombreux. L’économie ralentit fortement, si elle n’est pas déjà entrée en récession, des deux côtés de l’Atlantique. De plus, les prévisions des analystes concernant les bénéfices des entreprises sont particulièrement optimistes et ne semblent pas tenir compte de la situation conjoncturelle. Dans l’ensemble, les premiers résultats trimestriels annoncés jusqu’ici sont d’ailleurs plutôt décevants. Les marchés boursiers sont également déconnectés de la réalité économique. Le Dow Jones ne perd ainsi que quelques pour cent depuis le début de l’année. Une correction importante apparaît donc comme inévitable aux Etats-Unis, ce qui fera aussi plonger les Bourses européennes.

Quelle stratégie conseillez-vous à l’investisseur amateur d’actions ?

Le maître mot est la prudence. En effet, les éléments à prendre en compte pour la valorisation (rapport cours/bénéfice, rendement du dividende…) de nombreuses entreprises semblent très intéressants, mais ils ne tiennent pas compte des baisses des résultats à venir. Globalement, les secteurs liés au cycle économique (industrie, banques et assurances, technologies…) et à la consommation dans les pays développés (distribution, électronique…) sont à éviter. En revanche, certaines thématiques demeurent incontournables : le vieillissement de la population, les besoins en énergie qui se font de plus en plus pressants avec le tarissement des champs de pétrole géants et, enfin, l’émergence de la classe moyenne dans les pays émergents.

Pouvez-vous citer quelques noms d’entreprises ?

En Belgique, Bekaert est connu par son importante présence dans les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), où il fournit les câbles d’acier utilisés pour les pneus radiaux des voitures et des camions. Dans le secteur pharmaceutique, les titres des leaders mondiaux, comme l’américain Pfizer et le français Sanofi, s’échangent à des cours très intéressants. A noter que le secteur agricole profite pleinement du besoin en énergie par le biais des biocarburants et du développement de la classe moyenne dans les pays émergents, en raison du changement des habitudes alimentaires. Ces dernières années, la société américaine Du Pont de Nemours s’est fortement développée dans ce secteur.

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