Téléphonie désespérément fixe?

Difficile d’échapper à la facture de Belgacom. Même en passant par des opérateurs alternatifs

Le particulier pourra-t-il un jour faire une croix sur les services de Belgacom, l’opérateur historique? Avec la libéralisation du secteur des télécoms en 1998, on pouvait, légitiment, le penser. Cinq ans plus tard, le constat est sans appel: impossible, en Belgique, d’utiliser une ligne fixe sans passer par l’ex-RTT. Seule exception à la règle, le câblo-opérateur Telenet qui, sur la Flandre, propose à ses clients un service de téléphonie via le câble. Pour le reste, même les opérateurs alternatifs sont obligés d’utiliser une partie des infrastructures de Belgacom. C’est notamment le cas de Tele2, un opérateur suédois qui vient de lancer une succursale dans notre pays. Actif dans le secteur depuis une vingtaine d’années, le nouveau venu propose – aux abonnés de la zone 02 dans un premier temps, en juin pour les autres – de téléphoner vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours par semaine, pour 2,4 centimes la minute, vers n’importe quel numéro en Belgique. Dans le cas des appels internationaux, un tarif unique de 7 centimes la minute rend possibles les communications vers les pays limitrophes, ainsi que l’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis et le Canada. Des destinations qui représenteraient 80% des communications internationales des Belges. Concrètement, après une inscription qui peut s’effectuer par téléphone ou sur le Net, l’utilisateur doit composer un préfixe de 4 chiffres (1602) devant le numéro de téléphone de son correspondant pour profiter des tarifs Tele2. Chaque mois, en plus de la facture de Belgacom, auquel il faudra toujours payer une redevance pour le raccordement, l’utilisateur recevra la facture de l’opérateur alternatif. Selon Grégoire Dallemagne, Général manager de Tele2 Belgique, dans le meilleur cas, l’utilisation des services proposés par sa société permettrait d’économiser jusqu’à 50% sur la facture téléphonique. Pour proposer de tels tarifs, Tele2 ne fait qu’acheter en gros à l’opérateur historique, des unités qu’il revend ensuite au détail à ses clients. La marge sur ce genre d’opération étant des plus ténues, on peut légitimement se demander si l’opération sera rentable pour l’opérateur alternatif. Pour Grégoire Dallemagne, l’issue ne fait aucun doute: « Un jour et demi après l’ouverture de notre service, nous comptions déjà plus de 600 clients. » N’empêche, tant que la liberté d’accès à la boucle locale – le tronçon de ligne entre la centrale Belgacom et l’abonné – ne sera pas une réalité, le consommateur verra toujours une facture téléphonique de Belgacom arriver dans sa boîte aux lettres. Bonjour la concurrence! Si, en Belgique, il existe une libéralisation de la téléphonie fixe, elle reste, pour l’instant, toujours bridée.

Vincent Genot

Informations: www.tele2.be

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