Sonates sur ordonnance

Le Pr Alfred Tomatis, oto-rhino-laryngologiste et psycho-acousticien français, fut l’un des premiers à déclarer que les £uvres de Mozart possèdent des vertus thérapeutiques. En 1974, au Ier Congrès mondial de musicothérapie, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, il démontra les bienfaits que l’écoute systématique des concertos pour violon de Mozart avait produits sur ses patients souffrant d’insomnie, de dépression ou d’anxiété.

Dans son livre Ecouter l’univers. Du Big Bang à Mozart (R. Laffont), Tomatis explique que, plus que tout autre compositeur, Mozart a utilisé, dans ses notes et ses timbres, des fréquences particulièrement aiguës, qui ont des effets positifs sur le cerveau humain. Il remarque également que ses rythmes se rapprochent étonnamment de ceux du battement de c£ur d’un f£tus dans le ventre de sa mère. Les études de Tomatis, décédé en 2001, ont été reprises par ses collaborateurs – créateurs du Mozart Brain Lab, institut d’audio- psycho-phonologie situé à Saint-Trond – comme par des scientifiques du monde entier.

Depuis les années 1990, des neurologues américains ont recours à la musique de Mozart pour le traitement de patients dans le coma, et plusieurs hôpitaux français en prescrivent l’écoute aux femmes enceintes. Mais c’est surtout le best-seller L’Effet Mozart, de l’écrivain et musicien américain Don Campbell, ancien élève de Nadia Boulanger, qui a lancé une véritable mode surnommée  » Mozart sur ordonnance « . Au moment même où il sortait son livre, Campbell eut l’idée fulgurante de faire produire une série de CD, compilations d’£uvres du compositeur.  » C’est ce que j’appelle transformer la recherche en une campagne de marketing « , commente Frances Rauscher, professeur de psychologie à l’université de Californie, à Irvine.

 » Les thérapies de Tomatis sont reconnues dans le monde entier et la musique de Mozart a sans doute des effets thérapeutiques et stimulants. Au cours de nos études, nous avons observé que 60 étudiants avaient obtenu des résultats de neuf points plus élevés lors d’un test de QI après avoir écouté, pendant dix minutes, la Sonate pour deux pianos en ré majeur K. 448, de Mozart. Mais c’est un mensonge que de raconter aux gens qu’une compilation de Mozart est un médicament qui rend plus intelligent ou qui peut guérir une maladie par miracle.  »

Paola Genone

« J’ai déjà le goût de la mort sur ma langue »

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