Six élus pour le National

Ils sont six candidats à départager pour diriger le futur prestigieux Théâtre national. Un match artistique ou… hautement politique ?

Jean-Louis Colinet, directeur du théâtre de la Place, à Liège (PS) ; le Français Bernard Faivre d’Arcier, ex-directeur du Festival d’Avignon ; Michel Kacelenenbogen, directeur du théâtre Le Public, à Bruxelles, metteur en scène, comédien ; Alain Leempoel, directeur démissionnaire de l’Adac, comédien ; Serge Rangoni, ancien directeur de l’Atelier Sainte-Anne, ancien chef de cabinet de Charles Picqué, secrétaire général du musée des Arts contemporains au Grand-Hornu (PS) ; et Philippe Sireuil, ex-directeur du théâtre Varia et de l’Atelier théâtral de Louvain-la-Neuve, metteur en scène : ce sont les 6 élus (sur 19) retenus par les 8 experts qui ont évalué les dossiers des candidats à la direction du Théâtre national. Ces experts ont remis leurs choix (justifiés) au conseil d’administration du National… qui pourrait décider d’y ajouter l’une ou l’autre personnalité restée sur la touche.

De la réunion de ce conseil d’administration, prévue pour le 20 février, devrait émerger  » le  » dauphin de l’actuel directeur, Philippe Van Kessel, avalisé (ou non…) par Daniel Ducarme (MR), ministre en charge des arts de la scène. A l’exception de celui de Michel Kacelenenbogen, aucun projet n’est encore dévoilé dans son intégralité. Mais des constatations s’imposent, et les rumeurs grondent. La plupart des  » nominables « , certes, ont d’évidentes qualités, et certains ont fait leurs preuves plus que d’autres. Mais l’on peut regretter le rejet d’autres candidats annoncés, au tempérament artistique bien trempé, comme les metteurs en scène Lorent Wanson ou Michaël Delaunoy, parmi ceux qui se sont dévoilés. La transparence imposerait de connaître les motivations des choix et des refus du comité d’experts. Par ailleurs, pourquoi tous les postulants ne sortent-ils pas du bois ?

Si l’on ajoute que deux des candidats retenus ont toujours £uvré dans le privé (Leempoel, et, jusqu’il y a peu, Kacenelenbogen)et qu’ils frappent aujourd’hui à la porte de l’institution publique la plus subventionnée du secteur théâtral, le débat devient troublant… Des bruits insistants font de la direction du National l’enjeu d’une lutte très hautement politisée entre socialistes et libéraux. Ce que refusait pourtant, publiquement et avec véhémence, Daniel Ducarme en décembre. Et si le projet le plus ambitieux au plan artistique n’était estampillé par aucun sérail politique ? Serait-il sacrifié ? Autre troublant débat… La réponse en dira long sur la (dé)politisation de la culture dans notre pays.

Michèle Friche

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