Séparatistes séparés

Le nouveau parti souverainiste, baptisé Québec solidaire, se veut plus à gauche que le Parti québécois

De notre correspondante

Le Parti québécois n’a plus le monopole de l’option souverainiste dans la province canadienne francophone. Depuis le début du mois de février, une nouvelle formation politique prône, elle aussi, l’indépendance : Québec solidaire (QS). Issu de la fusion de deux mouvements de gauche – l’Union des forces progressistes et Option citoyenne – QS s’affirme écologiste, féministe et altermondialiste.

 » La souveraineté est le meilleur moyen de réaliser la justice sociale et de résister au néolibéralisme, souligne Amir Khadir, co-porte-parole de QS. Mais ce n’est pas une fin en soi. Nous voulons être un rempart contre la toute-puissance du marché et des multinationales.  » Dans un souci de meilleure représentativité, le mouvement n’a pas de chef à proprement parler, mais une direction collégiale et deux porte-parole, un homme et une femme. Une approche sympathique, certes, mais  » politiquement correcte « , qui, dans la pratique, pourrait entraîner quelques difficultés.

Alors que les conservateurs de Stephen Harper, nouveau Premier ministre du Canada, ont récolté 25 % des voix au Québec, le nouveau parti de gauche semble séduire une partie de l’électorat dans la province. Selon un récent sondage du magazine L’Actualité, 1 électeur sur 5 serait prêt à voter pour QS dès les prochaines élections.  » C’est encourageant, mais il y a loin des sondages à l’isoloir « , reconnaît Françoise David, co-porte-parole du parti.

Né dans la ferveur et l’enthousiasme, QS revendique environ 5000 militants – dont de nombreux déçus de la politique en général et du Parti québécois (PQ) en particulier. Déjà, au sein du PQ, des voix s’élèvent pour dénoncer la nouvelle formation, accusée de diviser le vote souverainiste ; certains prônent même une stratégie commune lors des prochaines élections provinciales – en 2007 ou en 2008.

Si le PQ remporte la victoire, un troisième référendum sur la souveraineté sera vraisemblablement organisé. Entre les deux précédents, en 1980 et en 1995, le poids des partisans du  » oui « , certes minoritaires, a progressé de 40,4 % à 49,4 %. Dans ce contexte, il n’est guère étonnant que les appétits politiques des uns et des autres s’aiguisent :  » Nous appellerons évidemment à voter oui, précise Amir Khadir. Mais en faisant la promotion de notre propre approche de l’indépendance.  »

Isabelle Grégoire

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