S’endetter sans couler

Emprunter, ce n’est pas forcément se ruiner. A condition d’éviter les pièges du crédit

Pour plus d’informations, signalons que l’Union professionnelle du crédit (UPC) propose un Guide du crédit sur son site http://www.upc-bvk.be/FR/creditguide/

Les surendettés forment un  » club  » de quelque 402 000 mauvais payeurs qui, fin 2002, figuraient sur la liste noire de la Banque nationale. Voici quelques conseils pour ne pas le rejoindre.

– Avant de souscrire à un crédit, il est impératif d’analyser son budget et de vérifier si l’on est à même de supporter de nouvelles charges. Il vaut mieux le faire soi-même. Certains prêteurs qui proposent ce service ont tendance à calculer une capacité d’emprunt largement supérieure à ce qui est raisonnable. Il est aussi prudent de prévoir une marge de man£uvre financière en cas de coup dur, tels un décès, une hospitalisation, voire une perte de revenu.

– Pour tenter de dénicher les meilleures conditions, il faut comparer les TAEG (taux annuel effectif global) des divers organismes, car les variations sur le marché sont très grandes. Le TAEG est une norme définie par le législateur pour permettre aux consommateurs de comparer facilement le coût réel de plusieurs crédits. Il doit englober tous les frais liés à un contrat de crédit, qu’il s’agisse du taux d’intérêt ou du prix d’éventuelles assurances rendues obligatoires par le prêteur. Toujours dans le but de protéger le consommateur, le TAEG ainsi que la période de remboursement ne peuvent dépasser un maximum déterminé par la loi. Actuellement, pour un crédit de 2 500 euros, le consommateur peut tout au plus rembourser 125,77 euros par mois et en 24 mensualités au maximum. Dans la pratique, plusieurs facteurs font varier le coût du crédit ; il s’agit notamment du montant emprunté (plusieurs petits crédits reviennent plus cher qu’un gros crédit), ou encore des risques encourus par l’institution de crédit. Un prêt octroyé pour l’achat d’une voiture neuve, sera, par exemple, moins cher qu’un prêt à tempérament qui n’est pas censé couvrir l’acquisition d’un bien car, dans le premier cas, le prêteur pourra toujours saisir le véhicule.

– Il faut aussi se renseigner sur les conditions du crédit. Faut-il, par exemple, souscrire une assurance solde restant dû ? Si cette assurance est obligatoire, son coût doit figurer dans le TAEG. Par contre, si elle est facultative, il s’agira de frais supplémentaires à prendre en considération avant de signer.

Lorsque l’assurance n’est pas obligatoire, certains prêteurs ou intermédiaires de crédit peu scrupuleux n’hésitent pas à  » recommander fortement  » à leur client d’y souscrire tout de même. Afin de mettre un terme à cette pratique, le législateur a changé les règles du jeu. A partir du 1er janvier 2004, les primes d’assurances devront être comprises dans le taux du crédit, sauf si les contrats portent sur des montants supérieurs à 5 000 euros ou si le contrat d’assurance est conclu postérieurement à la conclusion du crédit et à la demande expresse du consommateur.

– A qui s’adresser ? Il faut en premier lieu vérifier que l’institution à laquelle on recourt est reconnue par l’autorité compétente. Pour le reste, le consommateur conserve sa liberté de choix. Ainsi, s’il veut acheter une voiture, il n’a aucune obligation de prendre son crédit auprès de l’institution proposée par le vendeur.

– De plus en plus souvent, les prêteurs demandent que quelqu’un se porte caution pour garantir la dette. Attention , se porter caution est dangereux : il faut l’éviter à tout prix. Celui qui accepte ce rôle s’engage à payer la dette d’autrui, le débiteur principal, s’il n’honore pas ses obligations. Cela peut faire mal.  » Recourir à une caution est d’ailleurs déjà mauvais signe « , estime Jan Willems, coordinateur du service médiation de dette du CPAS de Bruxelles. Cela veut dire que celui qui emprunte est déjà dans l’impossibilité de respecter ses engagements.  »

– Evitez d’emprunter pour rembourser un autre crédit, ce serait le début d’une spirale infernale pouvant mener au surendettement.

– Attention aux ouvertures de crédit. Les ouvertures de crédit sont un type particulier de crédit à la consommation par lequel le prêteur met à disposition de l’emprunteur une somme d’argent que ce dernier utilisera en fonction de ses besoins.

Le mécanisme est alléchant mais pervers ; il revient notamment très cher. De plus, lorsqu’on recourt à une ouverture de crédit, il ne sert à rien de comparer les TAEG. Pour cause : le coût du crédit est susceptible de varier au cours de l’exécution du contrat et dépendra de l’utilisation qui en est faite par le consommateur. Pour trouver l’offre la plus intéressante, il faut par conséquent comparer le taux d’intérêt mensuel débiteur prévu dans le contrat. Comme la plupart des ouvertures de crédit nécessitent l’usage d’une carte, il faut en outre faire attention aux frais de gestion de celle-ci.

Géraldine Vessière

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