Préparez-vous à un voyage artistique d'un genre nouveau...

Sara™

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De toutes les expositions que l’on a pu voir en ce premier quart de l’année, celle-ci est l’une des plus marquantes. On la doit au collectif Void, formé par le duo belgo-italien Arnaud Eeckhout (1987) et Mauro Vitturini (1985). Au coeur des recherches plastiques du tandem, il y a, comme son nom l’indique, le goût du vide, de l’immatérialité.

Pour cette nouvelle exposition, la cellule a rendu méconnaissable le Museum du Botanique. L’ endroit, marqué par cette odeur mélancolique si particulière, a été propulsé dans les couloirs du temps par le biais de sa mutation en une sorte de laboratoire aux contours futuristes que ne renieraient pas les créateurs de la série d’anticipation Black Mirror. Ponctué de sons hypnotiques, d’écrans faisant place à des avatars, d’assistants mutiques et d’une déroutante machinerie, le lieu autorise une vertigineuse expérience d’un genre nouveau. Celle-ci est calquée sur le premier enregistreur sonore de Scott de Martinville, conçu au XIXe siècle.

Pour le visiteur, il s’agit d’arpenter le dispositif de façon assez passive jusqu’à s’enfermer dans une cabine sombre où il est invité à confier un souvenir personnel. Lequel est voué à être inscrit, est-il promis, sur des sortes de grands rouleaux de parchemin 2.0. Ceux-ci génèrent des « kilomètres de graphies abstraites » qui assurent l’archivage de « ces oscillations vocales anonymes dans le noir de fumée ». Outre que ce processus nous incite à réfléchir sur les questions de protection de l’intimité, du « deep fake » et de la surveillance généralisée, il offre un moment unique au participant: celui qui consiste à plonger en lui-même, alors que la majorité des propositions artistiques actuelles invitent à se détourner de soi. Ces quelques instants de pure intériorité relèvent du coup de génie artistique.

Au Botanique, à Bruxelles, jusqu’au 17 avril.

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