Diana Markosian repousse les limites de la photographie documentaire. Call to America, 2019. © Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris

Santa Barbara

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Série américaine populaire dans les années 1980, Santa Barbara a marqué des millions de spectateurs. Mais pas tous de la même façon. Ainsi de la famille Markosian qui la voit débarquer dans sa petite lucarne le 2 janvier 1993, à l’exact moment où le programme se clôt après dix années de bons et sentimentaux services. C’est que les Markosian habitent Moscou et que la saga du clan Capwell constitue un événement dans la Russie d’après la chute du Mur: il s’agit de la toute première émission de télévision américaine à être diffusée au pays de Gorbatchev.

Svetlana, la mère, y voit un monde hostile dans lequel elle n’aurait pas sa place. Sa fille, Diana, y perçoit au contraire la possibilité d’une vie meilleure au regard d’un contexte économique épouvantable – en dépit de son doctorat, son père se voit contraint de vendre des poupées russes aux touristes de la place Rouge, tandis qu’elle et son frère ramassent des bouteilles dans la rue pour pouvoir acheter du pain. Contre toute attente, c’est pourtant Svetlana Markosian qui quittera son mari et épousera un Américain vivant à… Santa Barbara. Une décision d’un courage inouï qui bouleversera à jamais la petite tribu.

Vingt ans après ce départ sans retour, Diana Markosian, qui est devenue photographe, éprouve le besoin de remettre de l’ordre dans son histoire personnelle, ne serait-ce que pour comprendre la décision maternelle. Au fil des années, elle glane une matière première dense qu’elle agence à la faveur d’un projet visuel hybride associant reconstitutions fictives, images fixes et photos de famille. Le tout, qui émeut autant qu’il repousse les limites de la photographie documentaire, est sous-tendu par un scénario écrit en collaboration avec Lynda Myles, l’une des scénaristes à l’origine de la série Santa Barbara.

Au Fomu, à Anvers, jusqu’au 28 août.

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