RTBI-TVF ?

Qu’est-ce qui distinguera le service public de la chaîne privée ? Le contrat de gestion du premier. Belle occasion pour Bernard Hennebert d’enfourcher ses chevaux de bataille préférés

(1) La RTBF est aussi la nôtre, éd. aden, 208 p.

(2) Info : www.consoloisirs.be

A priori, cela ressemble à une erreur de programmation. La RTBF et RTL-TVI viennent, chacune, de lancer une nouvelle création en télévision. Mais c’est le service public qui produit une fiction (le très décevant feuilleton Septième Ciel Belgique) et la chaîne privée, une émission politique ( Le Grand Défi). En réalité, toutes les deux sont dans leur rôle, là aussi. La RTBF investit dans la production audiovisuelle conformément à ses obligations, et RTL-TVI renforce son pôle  » information  » dont elle n’a plus à rougir. Mais la vieille question demeure : qu’est-ce qui différencie vraiment les deux télévisions ?  » Les audiences « , répondent les cyniques, puisque la RTBF est devenue l’éternelle seconde derrière sa concurrente.  » La nationalité « , disent les juristes, depuis que RTL-TVI a choisi de naviguer sous le seul pavillon luxembourgeois.

Mais dans les programmes ? Les réponses sont écrites, pour l’essentiel, dans le contrat de gestion de la RTBF. La version 2007-2011 de ce contrat en est à la phase exploratoire. Ainsi, la semaine dernière, Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, était longuement entendu au parlement de la Communauté française. Il a plaidé, une nouvelle fois, pour un contrat qui fixe de larges objectifs en lui laissant les coudées franches pour les atteindre.

Par ailleurs, une pièce intéressante vient d’être versée au débat sous forme d’un petit livre, écrit par Bernard Hennebert (1). L’infatigable Zorro du paysage audiovisuel, ex-animateur de la défunte Association des téléspectateurs actifs, a noirci 200 pages pour illustrer son combat : les usagers du petit écran ont leur mot à dire et ils peuvent influencer l’évolution de la RTBF (2). Fort de quelques croisades victorieuses dans le passé, Hennebert fustige, pourfend, dénonce. Et propose, aussi. Haro sur la publicité et le sponsoring, oui à un contrat de gestion le plus contraignant possible, gare à la surdose de sport alors que les questions européennes ou éducatives sont à la traîne. Oui à un vrai service de médiation avec les téléspectateurs…

Bibiane Godfroid ?

Jean-Paul Philippot lira-t-il le livre de Bernard Hennebert ? Pas sûr. Son souci du moment, c’est la recherche d’un directeur des antennes (qui coiffera les 2 chaînes), une fonction créée voici deux mois. La RTBF pensait avoir trouvé la perle rare en la personne de Bibiane Godfroid. Ancienne de RTL, elle a fait un parcours exemplaire au sommet de l’audiovisuel français (Canal +, France Télévisions) et elle dirige aujourd’hui la société de production FremantleMedia France. Hélas, quelques questions délicates ont compliqué son arrivée Boulevard Reyers. Figure-t-elle parmi les candidatures clôturées le 17 janvier dernier ? Le conseil d’administration de ce 27 janvier devrait entériner la procédure de nomination. Après quoi, c’est tout l’organigramme de la télévision publique qui pourrait bien être bousculé à sa tête…

Jean-François Dumont

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