» Rive gauche  » pour redynamiser la Ville basse

Un pôle commercial de 30 000 m2, des logements, des bureaux, un hôtel et des parkings. Le projet  » Rive gauche  » est un investissement privé de 200 millions qui va redonner vie à une Ville basse qui en a bien besoin. Comment ne pas s’en réjouir ?

Le dossier est porté par la SA Saint-Lambert Promotion, émanation de l’investisseur anversois Shalom Engelstein qui, en septembre dernier, après des années de tergiversations, a signé avec le Collège de Charleroi l’accord lui permettant d’engager son dossier. La SA Saint-Lambert peut ainsi s’inscrire dans le cadre novateur du projet de revitalisation de la Ville basse, à condition de participer financièrement à cette opération globale, soit 20 millions.

La troisième version

Un projet d’une telle ampleur, allant de la place Buisset à la place Albert Ier, ne peut toutefois réussir qu’avec l’adhésion de la population, des commerçants, des restaurateurs… Mais une adhésion à quoi ? La SA Saint-Lambert Promotion n’existe pas sur Internet et n’a même plus de numéro de téléphone à Charleroi. Du côté de la ville, ce n’est guère mieux. On peut trouver sur son site la version de septembre 2010 déjà revue et corrigée à deux reprises, au moins. Le promoteur s’est en effet séparé de l’architecte de départ, le Français Ricciotti, dont les conceptions ne plaisaient plus, et a confié l’habillage des façades au Bruxellois Pierre Lallemand. Les esquisses présentées par ce dernier ont emporté l’adhésion du Collège (PS, MR, CDH) en février, mais pas celle de Paul Magnette. Le président de l’Union socialiste de Charleroi n’aimait pas l’esthétique passéiste du projet, et n’admettait pas que le centre commercial empiète trop sur l’espace public. Il a donc imposé aux autorités de la ville une nouvelle révision architecturale.

La demande des permis aurait dû être introduite par Saint-Lambert Promotion en décembre. Aux dernières nouvelles, elle devait être déposée incessamment. L’enquête publique et l’examen administratif devraient ensuite durer six mois, à condition qu’il n’y ait pas de recours, et les travaux trois ans. L’inauguration ne pourra se faire, au mieux, que fin 2016. Pour les fêtes de fin d’année ?

Un déclin accéléré

En attendant le premier coup de pioche, le quartier continue à se dégrader.  » Le promoteur, qui devait penser que les choses iraient plus vite, a racheté, sans doute à bas prix, tous les immeubles commerciaux, explique le bourgmestre Jean-Jacques Viseur, mais n’a pas reloué les surfaces, de façon à ne pas être coincé par les baux commerciaux. Cela a accéléré le déclin : les bâtiments sont vides, ne sont plus entretenus, sont squattés, les ordures s’amoncellent… Mais cela permettra l’émergence d’un beau projet, totalement ouvert. « 

Sur le plan commercial, la ville impose un minimum de qualité des enseignes.  » On sait déjà que Mediamarkt a manifesté l’intérêt d’ouvrir un Saturn, son enseigne haut de gamme, poursuit Jean-Jacques Viseur. Plusieurs magasins d’habillement sont également intéressés, de même que la Fnac. Pour cette dernière, nous allons sans doute mettre notre veto, pour préserver cette magnifique librairie Molière au boulevard Tirou. Mais 60 à 70 % des cellules commerciales seraient déjà réservées. Tout ce mouvement va bénéficier aux autres commerces (l’Inno, par exemple, va investir 15 millions dans sa rénovation), en créant un véritable centre, en piétonnier intégral, avec de nombreux parkings : 740 places en sous-sol place Albert, 360 sous la place de la Digue, le parking du Moulin rénové… « 

M.D.

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