Regarde-toi manger !

Mieux analyser son alimentation, c’est aussi mieux comprendre pourquoi… on grossit. Et réfléchir au  » comment maigrir « . Manifestement, sur cette voie, les Belges ont encore du chemin à parcourir

Sans appel, le sondage réalisé à l’initiative du  » Forum Obésité  » durant ce mois de mars : 43 % des Belges ont un poids qui menace leur santé. Plus inquiétant encore, peut-être : 24 % seulement sont conscients de leurs excès alimentaires. Dans ce faible pourcentage ne figurent que 17 % des plus de 55 ans (pourtant les plus concernées par les problèmes d’obésité). On y retrouve aussi 22 % de personnes qui ne présentent aucun problème de kilos mais estiment néanmoins trop manger ! Bref, nous sommes encore largement aveugles face aux graisses, aux sucres, aux grignotages et autres débordements alimentaires expliquant, bien plus souvent que des prédispositions génétiques ou des mécanismes métaboliques, la raison d’un surpoids.

Paradoxalement, bien que largement convaincu de manger sainement, 1 Belge sur 3 envisage de perdre du poids dans les prochains mois. Et pas qu’un peu : 10 kilos en moyenne ! Là encore, pourtant, on pourrait dire que ces candidats à l’amaigrissement ont tout faux. Non que cette perte ne soit peut-être pas nécessaire, mais, pour l’estimer, ils se fient à leur balance. Et non à l’indice de masse corporelle (un calcul permettant de mesurer le poids compatible à un état de santé optimal), complété, si nécessaire, par une mesure de la circonférence de la taille (car la répartition des graisses au niveau de l’abdomen est également un indicateur de risques de santé accrus).

A ces mauvaises autoévaluations s’ajoute l’ignorance du fait qu’un régime doit être adapté au comportement alimentaire. Apparemment, 52 % des Belges continuent à croire aux régimes, quels qu’ils soient (même si 15 % en ont déjà essayé, sans succès, cinq fois ou davantage !). Mais ils ignorent apparemment qu’une perte de kilos durable et équivalente à 10 % de son poids (ce qui satisfait déjà largement le corps médical)  » s’articule autour de trois axes indissociables : un traitement médicamenteux (qui, contrairement à ce que pensent près de la moitié des personnes interrogées, n’a rien à voir avec les amphétamines, d’ailleurs interdites), une modification des habitudes alimentaires et l’activité physique « , explique le Pr Maximilien Kutnowski, interniste au centre hospitalier Brugmann (Bruxelles).

Actuellement, il est possible de calculer si vous êtes un grand ou un petit brûleur de calories et d’estimer votre dépense énergétique journalière. Ce résultat permet d’individualiser chaque traitement. Toutes les études prouvent aussi qu’un tel accompagnement, adapté à chacun, augmente les chances de réussite de perdre durablement du poids. Mais, pour cela, c’est comme le reste : parmi toutes les méthodes envisagées pour maigrir, 25 % des Belges citent l’aide d’un diététicien et 19 % celui du médecin. Bref : pour apprendre à maigrir, il y a encore du pain sur la planche.

Pascale Gruber

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