La coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes règne désormais sur les ruines de Raqqa. © CHRIS HUBY/BELGAIMAGE

Raqqa, Mossoul, Kirkouk : la nouvelle donne

En s’emparant complètement, le mardi 17 octobre, de Raqqa, fief syrien de Daech, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont porté un coup fatal à l’emprise qu’exerçait l’Etat islamique depuis juin 2013 en Syrie et au califat que son chef Aboubakr al-Bagdadi avait proclamé un an plus tard sur l’est syrien et l’ouest irakien. La reconquête, appuyée par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, aurait fait au moins 3 250 tués, dont 1 130 civils. Ce fait de guerre donne un peu plus de crédit encore aux FDS, une coalition arabo-kurde dominée par les combattants du Parti démocratique kurde PYD, comme principal groupe d’opposition au régime de Bachar al-Assad. La  » libération  » de Raqqa ouvre aussi la voie à une possible confrontation directe entre les deux belligérants et leurs alliés russe et occidentaux pour la reprise des derniers territoires de l’est du pays sur une ligne de front située entre Raqqa et Deir ez-Zor dont l’armée de Damas s’est partiellement emparée. La question de la gestion future de Raqqa n’est pas davantage réglée et promet des tensions entre composantes arabe et kurde des FDS. Les Kurdes de Syrie aspirent à une large autonomie en Syrie à l’instar de leurs cousins irakiens qui ont franchi le pas du référendum d’indépendance en septembre. C’est pour prévenir leur volonté expansionniste que l’armée de Bagdad a imposé son contrôle sur la ville disputée de Kirkouk dans une opération éclair le lundi 16 octobre. Ainsi, après la reprise à Daech de ses bastions de Mossoul et de Raqqa, ce sont d’autres hypothèques qui planent sur la stabilité de l’Irak et de la Syrie. Sauf si la diplomatie parvient à reprendre ses droits face à la lassitude des options militaires.

G. P.

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