» Que la communauté juive nous soutienne « 

La sour d’une Belge arrêtée appelle la diaspora à réagir à  » la folie du gouvernement israélien « . Le CCOJB déplore les morts mais parle de provocation.

Cinq Belges participaient à la flottille humanitaire à destination de Gaza. Issam Zaatar, un cameraman de la chaîne de télévision Al Jazeera, est rentré à Bruxelles dès mardi et les quatre autres, Griet De Knopper, Kenza Isnasni, Fatima el Mourabiti et Inge Neefs, libérées mercredi, y étaient attendues en cette fin de semaine, dans la foulée de la décision d’expulsion du gouvernement israélien et après une escale en Turquie. C’est en effet à bord d’un avion affrété par le gouvernement d’Ankara qu’elles devaient quitter Israël.

Le journaliste d’Al Jazeera a déclaré avoir été agressé et blessé à un bras par des soldats israéliens qui voulaient s’emparer de sa caméra. Dans l’attente de leur rapatriement, les informations sur le sort des quatre jeunes filles restaient fragmentaires. Les néerlandophones, Inge Neefs et Griet De Knopper, auraient été blessées, l’une par une balle en caoutchouc, l’autre par une grenade assourdissante. Elles n’étaient pourtant pas à bord du Mavi Marmara, qui a subi l’assaut des militaires de Tsahal, au contraire des francophones, Kenza Isnasni et Fatima el Mourabiti, qui, elles, auraient été témoins de la mort d’autres passagers.

A Bruxelles, Asmaa el Mourabiti, s£ur de Fatima, dénonce au Vif/L’Express  » le crime de l’armée israélienne  » et s’insurge des conditions de détention des quatre Belges,  » interrogées pendant de longues heures dans une prison militaire [NDLR : à Beersheva, dans le sud d’Israël] et empêchées de passer ne fût-ce qu’un appel téléphonique à leur famille « . Dans l’entourage de Fatima el Mourabiti et de Kenza Isnasni, on n’exclut pas une action en justice en Belgique contre Israël.

Surtout, Asmaa el Mourabiti lance  » un appel aux communautés juives dans le monde pour qu’elles réagissent à cette folie du gouvernement israélien « .  » Que la communauté juive nous soutienne « , n’hésite-t-elle pas à lancer, en rappelant que, parmi les activistes, figuraient des personnes de confession juive. Elle redoute en substance que, faute de dialogue, les extrémistes n’exploitent l’événement pour attiser la violence.

Le ton modéré du CCOJB

Réagissant lundi à l’opération israélienne par communiqué, le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) a fait montre d’une grande mesure, regrettant les décès, appelant  » la démocratie israélienne à faire toute la lumière sur ces événements  » et n’excluant pas une  » disproportion des moyens utilisés « . Interrogé par Le Vif/L’Express, son président Maurice Sosnowski confirme son ouverture au dialogue pour prévenir l’exportation du conflit dans les rues de Bruxelles. Mais il insiste aussi sur la  » provocation  » d’une expédition  » qui n’était pas purement humanitaire  » : sur les six bateaux, cinq ont été arraisonnés sans heurt ; et les vrais pacifistes ont l’habitude de se coucher à terre plutôt que de brandir des bâtons quand des forces de sécurité interviennent, fait observer le président du CCOJB. Il n’en regrette pas moins  » la mauvaise réponse  » de l’armée israélienne et s’étonne de l’  » amateurisme  » apparent qui s’en dégage.

Des manifestations propalestiniennes ont été organisées depuis lundi devant le ministère des Affaires étrangères, l’ambassade d’Israël et les institutions européennes. Sans incident notable. Maurice Sosnowski s’inquiète cependant du placardage d’affiches haineuses à l’encontre d’Israël à l’ULB. Il en appelle à la retenue. Rejoint en cela par Asmaa el Mourabiti.

GéRALD PAPY

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