Pubs financières trompeuses ?

L’information objective existe. Mais il faut la repérer.

Ces derniers mois, vous avez sans doute vu de grandes affiches vantant tantôt un taux d’intérêt de 8 %, tantôt un rendement de 6,4 %. En effet, Fortis et Dexia n’ont pas lésiné sur les moyens pour essayer de convaincre les plus sceptiques.

Mais rares sont ceux qui ont lu les caractères microscopiques en bas de l’affiche, qui contiennent des renseignements capitaux et démontrent, une nouvelle fois, que le consommateur doit toujours se méfier. Car, en pratique, l’épargnant n’obtiendra probablement jamais les rendements promis. Les 8 % de Fortis, par exemple, risquent, dans la majorité des cas, de se transformer en un taux net de… 1,6 %. Les gains que font miroiter les deux bancassureurs ont été calculés en période de haute conjoncture boursière. Or, depuis l’été dernier, les places financières ont plongé profondément dans le rouge.

De nombreux petits épargnants tombent dans le panneau. Mais ces pubs sont-elles  » légales  » ? Toute publicité est régie par la loi sur les pratiques de commerce.

Quant au contrôle du respect de ces règles, il relève de l’Inspection économique qui n’a, en l’occurrence, pas dressé de procès-verbal pour publicité trompeuse.

La publicité financière a la particularité de dépendre, en outre, de règles spécifiques. Dans le secteur de l’assurance, un code de déontologie oblige les compagnies à établir une fiche d’information financière détaillant les caractéristiques du produit vendu, en donnant, notamment, un aperçu du rendement réel et des frais et taxes qui affecteront l’épargne.

Mais peu de personnes consultent cette fiche.  » Les consommateurs ignorent l’existence de la fiche d’information financière. Et le code de déontologie ne prévoit rien sur les taux trompeurs affichés « , regrette Jean-Philippe Ducart, de Test-Achats.

Dans le secteur bancaire, un arrêté royal prévoit aussi que, pour ce qui concerne les fonds de placement, toute publicité doit préalablement être soumise à la CBFA (Commission bancaire, financière et des assurances).  » Nous ne pouvons pas nous prononcer sur la qualité du produit, mais bien sur les modalités de la publicité, souligne Luk Van Eylen, porte-parole de la CBFA. Dans le cas présent, nous avons insisté pour que Fortis affiche aussi le rendement réel et donne un exemple concret de ce que peut rapporter le produit en question. En outre, la pub doit obligatoirement faire référence au prospectus de la sicav, où se trouvent plusieurs exemples de rendements possibles.  » Bref, l’info objective existe bel et bien. Aux consommateurs de savoir la repérer…

Philippe Galloy

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