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Polars et bandes dessinées font leur rentrée

Le Vif

La littérature noire est-elle en train de faire de l’ombre à la blanche? Si le nombre de nouveaux romans est en baisse, thrillers, polars et romans noirs se multiplient comme les jours de canicule. Sélection en guise de revue des troupes.

1 De la jalousie

Par Jo Nesbø, Série Noire Gallimard, 352 p.

Si la littérature scandinave s’essouffle un peu, certaines de ses plumes font encore partie des cadors de la rentrée. Jo Nesbø lance le sprint avec un audacieux recueil de nouvelles, toutes consacrées à la thématique reprise dans le titre. Sept récits, dont un très long, par lesquels passent un éboueur, un romancier, une immigrée clandestine ou un chauffeur de taxi, tous jaloux à leur manière.

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2 L’ Archipel des oubliés

Par Nicolas Beuglet, XO, 400 p. (parution le 22/09).

Le thriller français, lui, se porte comme un charme, du moins dans ses tirages, avec des auteurs devenus très populaires. A l’image de Nicolas Beuglet qui risque de frapper fort avec ce nouveau thriller horrifique, paranoïaque et insulaire – l’île, comme terrain de jeu, est devenue sa signature. Franck Thilliez, Maxime Chattam, Marc Dugain ou Bernard Minier l’attendent déjà au tournant de la rentrée.

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3 La Leçon du mal

Par Yûsuke Kishi, Belfond, 544 p.

Une tendance appelée à se développer? Allez, on parie sur le polar japonais, et plus largement asiatique, à commencer par cette Leçon du mal qui coche toutes les cases de la pop culture actuelle: un récit, déjà adapté au cinéma japonais et en manga, autour d’un professeur de lycée très beau et très sympa mais surtout très psychopathe, avec des relents de Squid Game et de Bullet Train, d’ailleurs édité en français à la sortie du blockbuster.

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4 Les Oiseaux des marais

Par Lisa Sandlin, Belfond Noir, 368 p. (parution le 15/09).

Les autrices, et traductrices, ne sont évidemment pas en reste, et chaque jour plus nombreuses sur les étals des librairies. Une tendance désormais de fond qui a définitivement brisé le plafond de verre du thriller cosy et bourgeois. Ainsi Lisa Sandlin, qui confirme ici l’essai des Samaritains du bayou, retrouve sa paire de détectives dont Delpha Wade, sortie de prison, et, surtout, un souffle de «Southern Gothic» moins genré mais pas moins puissant. James Lee Burke, gaffe à toi!

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5 J’étais le collabo Sadorski

Par Romain Slocombe, Robert Laffont, 544 p.

Il y a de bons romans noirs et puis, il y a de grands livres. Romain Slocombe, auteur hors catégorie, écrit les deux, entre autres dans son serial autour de l’infâme Léon Sadorski, dont il semble ici clore la deuxième trilogie, celle de «la guerre civile» après celle «des collabos». En passe d’être fusillé, notre inspecteur accepte cette fois de débusquer les dernières taupes vichystes au sein du Parti communiste. Ultime retournement de veste d’un des personnages les plus ambigus de la littérature française et noire, mené par un Slocombe aussi vénéneux que documentaliste.

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6 Des meurtres qui font du bien

Par Karsten Dusse, Le Cherche Midi, 400 p. (parution le 22/09).

Si la série Netflix annoncée pour bientôt trouve le bon ton et le bon acteur, le nom de Björn Diemel, avocat de la mafia qui cherche en même temps à zigouiller ses clients et à atteindre la pleine conscience, ne vous restera pas longtemps inconnu. Le premier volume de ce «thriller contemplatif» sort en tout cas en français. Il mêle crime, coaching et paix intérieure et semble être ce qui est arrivé de mieux à la littérature allemande depuis Timur Vermes.

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BD: entre perles et licences

La rentrée BD n’a rien à envier à la rentrée littéraire. Au contraire, elle se gausse: rien que chez Dupuis et Dargaud, pour ne citer que les plus franco-belges et même pas les plus grands, 77 titres sont édités pour les seuls mois d’août et septembre! Une avalanche dans laquelle semblent se dessiner deux tendances lourdes (on en reparlera).

D’un côté, le plus mainstream, des éditeurs qui se «marvelisent» rapidement et deviennent des gestionnaires de licence – il y a 1. La Mort de Spirou, un nouveau Corto Maltese, un 2. Valerian vu par… (parution le 16/09). Des suites, des spin-off et d’innombrables reprises avec, au-delà, l’ombre de Gaston Lagaffe dont un tribunal bruxellois dira dans quelques semaines s’il peut être repris ou non par un autre que Franquin.

De l’autre, le plus flatteur, une édition franco-belge qui multiplie les romans graphiques parfois très beaux, parfois volumineux et toujours très chers – palme de la rentrée à Perpendiculaire au Soleil (Delcourt), première œuvre de Valentine Cuny-Le Callet, 436 pages, 35 euros – le tout dans une ambiance générale lentement mais sûrement plus féminine, ou moins masculiniste. Même Bastien Vivès semble s’être assagi (! ) avec 3. Dernier week-end de janvier, une comédie romantique qui s’apprête à sortir chez Casterman (quelques semaines après, quand même, un nouveau volume de la collection BD Cul, sorti cet été…). Dans nos perles à nous, on retiendra 4. Merel, de la jeune Clara Lodewick, dans une nouvelle collection Dupuis, l’imposant 5. Keeping Two de Jordan Crane qui sort à L’Employé du Moi, un nouveau volume du Eggman de José Parrondo à L’ Association, le retour d’Alex Baladi chez Atrabile avec 6. Saturnine ou une prometteuse Revanche des bibliothécaires de Tom Gauld, chez 2024.

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