Plan cancer : un premier pas

Pour lutter contre la deuxième maladie la plus mortelle, 32 mesures sont annoncées, avec 380 millions d’euros à la clé. De quoi changer le quotidien des patients ?

Avec ses trente-deux premières mesures annoncées cette semaine, le plan national cancer ne souffle pas de grande révolution printanière. Néanmoins, il contribuera à apporter un vent plus doux aux dizaines de milliers de Belges chez qui, tous les ans, on détecte un cancer (environ 55 000, selon la dernière estimation de 2003). Il était temps !

 » C’est tout le vécu des malades que nous voudrions modifier « , glisse Laurette Onkelinx (PS), ministre fédérale de la Santé à l’origine du projet. En réalité, sur de nombreux points, il s’agit de combler – enfin ! – nos retards par rapport à d’autres pays européens. Ou de généraliser à tous les malades ce qui se pratique déjà dans certaines de nos structures.

Demain, davantage de cancers

Les 380 millions d’euros prévus pour le plan seront répartis entre l’amélioration de l’accès aux tests de dépistage, la consultation génétique, la recherche axée vers le patient et les soins. Cela suffira-t-il aux besoins de demain ? Compte tenu du vieillissement de la population, le nombre de malades va augmenter et le cancer deviendra davantage encore une maladie chronique.  » En 2008, dans le monde, 28 millions de personnes vivent avec un cancer ; en 2030, elles devraient être 80 millions « , prévient Peter Boyle, du Centre international de recherche sur le cancer à Lyon.

Le plan comporte un volet de prévention. On sait que le tabac est la première cause évitable de cancer. La mesure destinée aux fumeurs ( voir encadré) sera cependant insuffisante. Et il ne faudrait pas négliger d’autres facteurs favorisant la maladie : l’obésité et l’alcool. Leurs plans respectifs suffiront-ils ?

 » Plusieurs actions préventives, qui promeuvent des comportements de vie plus sains, permettraient d’atteindre une diminution de 40 % du nombre des cas de cancer « , rappelle Peter Boyle. En 2000, l’impact des recommandations du code européen contre le cancer avait permis d’éviter quelque 98 000 cas de cancer. Un beau chiffre,  » presque  » exact : il manque… les données belges ! Mais, cette fois-ci, c’est promis, juré, le plan Cancer va donner à notre Fondation registre du cancer les moyens de rattraper son retard et de réunir toutes les statistiques indispensables.

Pascale Gruber

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