Photo numérique à prix plancher

Délaissés par les acteurs majeurs du marché, les appareils photographiques d’entrée de gamme voient apparaître de nouveaux noms. Une aubaine pour les petits budgets

Peut-on raisonnablement envisager la photographie numérique avec un appareil ne dépassant pas la barre des 150 euros? A considérer les catalogues des grands noms du secteur, l’idée paraît pour le moins saugrenue. Kodak, Canon, Fuji ou Epson… il est difficile de trouver dans la gamme de ces constructeurs un appareil probant à moins de 350 euros. Il n’en fallait pas plus aux outsiders pour se lancer dans le créneau laissé libre.

Spécialisé dans les appareils photographiques « espions » (de la taille d’un stylo ou d’une carte de crédit), le fabricant anglais Digital Dream vient de sortir coup sur coup une série de boîtiers numériques à des prix planchers. Dans le lot, deux modèles pourraient intéresser l’utilisateur à la recherche d’une solution économique pour tâter de la photographie sur ordinateur.

Baptisé Epsilon, le premier appareil possède un CCD (Couple Charge Device) de 1,3 mégapixel capable d’effectuer, sans extrapolation, des photos de 1 600 x 1 280 pixels. Une définition largement suffisante pour obtenir des tirages papier au format 10 x 15 de qualité. Une bonne surprise pour un appareil vendu au prix conseillé de 149 euros avec lequel on s’attendait à ne pouvoir réaliser que des clichés utilisables uniquement à l’écran (pour illustrer une page Web, par exemple). D’autant que, comme les appareils plus perfectionnés, l’Epsilon dispose d’un écran LCD couleur permettant une visée à bout de bras ou un réglage des différents paramètres de l’appareil. Ces réglages portant essentiellement sur la balance des blancs ou sur le temps d’exposition s’avèrent cependant superflus, l’appareil donnant de meilleurs résultats en mode automatique. Equipé d’une mémoire interne de 8 MB, l’Epsilon dispose d’une baie d’extension pour une carte Smart Media sur laquelle on peut enregistrer de courtes séquences vidéo ou des enregistrements sonores. Après les atouts, les inévitables inconvénients. Le plus pénible concerne l’alimentation, assurée par 4 piles crayons dont l’autonomie en utilisation intensive (une dizaine de clichés par jour avec flash) ne dépasse pas les 2 semaines. Autre point noir: l’absence de zoom optique. Du coup, la fonction est assurée par un zoom numérique 4x (un calcul informatique) qui produit des clichés fortement pixellisés. A moins d’apprécier les photographies où chaque courbe prend l’apparence d’un escalier, on déconseille fortement l’utilisation d’un tel zoom (une remarque valable pour la majorité des appareils numériques). Enfin, le capteur CCD est tellement sensible que l’utilisation du flash (dépourvu de fonction « anti-yeux rouges ») donne invariablement des photos surexposées. Cette grande sensibilité du CCD n’en est pas moins fort utile lorsqu’il s’agit de réaliser des clichés dans la pénombre.

Un peu plus onéreux, 199 euros, l’Eclipse justifie son prix plus élevé par un CCD Sony de 2.0 mégapixels interpolable à 3,1 méga pixels. Comme son cadet, il souffre d’une grande sensibilité à la lumière, mais possède un flash avec une fonction anti-yeux rouges bien utile pour les portraits réalisés en intérieur. Plus contrariante est la lenteur du DSP (Digital Signal Processor), le processeur qui détermine la vitesse de prise de vue de l’appareil. Avec un temps de latence, entre l’appui sur le déclencheur et la prise de vue, pouvant atteindre la seconde, le DSP rend quasi impossible toute photographie d’action ou le portrait de chérubins à la légendaire bougeotte. Quoi qu’il en soit, les deux appareils n’en demeurent pas moins d’excellents outils d’appoint pour les personnes à la recherche d’un complément à leur appareil argentique. Garantis cinq ans et vendus avec une pochette de protection et une batterie de logiciels, l’Epsilon et l’Eclipse utilisent un port USB pour transférer les images sur un PC ou sur un MAC. Une caractéristique qu’apprécieront les aficionados d’Apple généralement oubliés dans le domaine des périphériques bon marché.

Vincent Genot, Informations: www.digitaldream.be

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